Défendre les accents circonflexes, une pratique élitiste et stérile

S’emporter contre la réforme orthographique de 1990, qui aurait dû être mise en place il y a longtemps, est un combat mené à peu de frais. Mais qui oublie les vrais enjeux de l’Éducation nationale.

Et hop c’est reparti avec l’orthographe! Une vieille réforme oubliée remise au goût du jour et voilà que des voix s’élèvent pour défendre, à peu de frais, l’accent circonflexe. Que les conservateurs jouissent sur Twitter de pouvoir pester contre un pays qui part à vau-l’eau, l’éducation française qui se dégrade… Ha avant! Comme c’était mieux!

Jean-Marie Rouart, interviewé par BFMTV sur la réforme de l’orthographe.

Les comptes Twitter s’en sont donnés à coeur joie, notamment avec le hashtag «Je suis circonflexe». Et notamment à droite et à l’extrême-droite.

Cette indignation me semble complètement à côté de la plaque. D’abord parce que non, l’accent circonflexe ne s’apprête pas à disparaître. Ensuite parce que si le vrai problème en orthographe c’était les accents circonflexes, quelques «ph» et un oignon, nous vivrions dans un paradis langagier.
Jean-Joseph JULAUD, Le français correct Pour les nuls (2011)
Le problème c’est l’accord du participe passé, la confusion des mots et de leur sens, l’absence d’analyse de la phrase: quel est le verbe, à quel temps est-il conjugué et à quelle personne? Quand un élève de 3ème confond le verbe être au présent de l’indicatif et avoir au présent du subjonctif (tu es/tu aies), on est loin des soucis d’accentuation.
Les enseignants le savent, ce sont les fautes de conjugaison et de syntaxe qui rendent les copies parfois incompréhensibles du collège à l’université, et qui compliquent le rapport au monde des élèves, les empêchent d’exprimer ce qu’ils veulent dire, de se faire comprendre, voire de comprendre eux-mêmes.

 

L’orthographe syntaxique est un vrai problème, l’orthographe lexicale se corrige avec n’importe quel correcteur automatique, y compris sur les téléphones. Et bien d’autres langues que la nôtre ont modernisé ou simplement transformé des mots à partir de leurs racines. Le mot photo(graphie) vient du grec ancien φῶς, phỗs («lumière»). Les Italiens écrivent foto, ça n’en fait pas un peuple de débiles. On met sa fierté là où on peut.

AFP/ FREDERIC FLORIN
Dans une interview accordée au Monde en 2008, André Chervel, agrégé de grammaire, docteur des lettres et auteur de L’orthographe en crise à l’école. Et si l’histoire montrait le chemin?, suggérait d’ailleurs que l’on simplifie ainsi la langue française:

«Quand la prononciation le permet, il faut supprimer les « y » (ceux qui ne correspondent pas à un double « i »), supprimer les « h » après les « t » ou les « r », remplacer « ph » par « f ».»

Chervel le préconisait dans un but pragmatique. Il expliquait qu’un déclin s’est amorcé dans la pratique de l’orthographe à partir des années 50 et qu’«une fracture orthographique est apparue dans la société. Elle rappelle le fossé, au XIXe siècle, entre ceux qui connaissaient le latin et les autres. C’était une discipline de « luxe », qui avait une fonction de discrimination sociale. Au concours d’entrée des grandes écoles scientifiques comme Polytechnique, il y avait une version latine dont le seul rôle était de contrôler l’origine sociale des postulants, ou au moins leur volonté d’adaptation aux règles de la société bourgeoise. L’orthographe est, de la même façon, en train de devenir une pratique d’élite, et du même coup un handicap social pour ceux qui ne la maîtrisent pas et ne pourront plus accéder à un certain nombre d’emplois.»

 » L’orthographe doit se simplifier pour que les larges masses puissent apprendre à lire. » André Chervel

Le spécialiste ajoutait:

«Si l’on veut que tous les jeunes Français apprennent l’orthographe, faisons comme nos ancêtres qui l’ont déjà simplifiée une première fois pour faciliter l’apprentissage de la lecture. Simplifions-la, mais enseignons-la: elle doit redevenir une discipline à part entière de l’école et du collège. (…) L’orthographe doit donc se simplifier pour que les larges masses puissent apprendre à lire.»

82% des Français sont hostiles à la réforme de l’orthographe

Selon un sondage constitué par NouvelObs

Défendre l’orthographe sur Facebook ou Twitter, c’est chic et pas cher pour passer pour un amoureux de la langue. Mais c’est aussi superficiel que de faire des fautes d’inattention, et, au fond, juste stigmatisant pour ceux qui ont des difficultés.

Editorialisé par Hinde Abdellatif, Cira Diagana

Article original : Fatiha Boudjahlat, « Face aux violences scolaires, l’Education Nationale fait le choix des bourreaux« , Huffington Post, 2016.
Editorialisation : Eugénie.V, Marion.R, Mounia.B

Les premières victimes des violences scolaires sont les enfants. Le Ministère fait le choix de les minorer et de les dissimuler, comme celles que subissent les personnels, illustrées récemment par une succession d’actes graves.

Source : Space and Time
Source : Fuite-en-avant

Des élèves responsables face au harcèlement scolaire: une nouvelle idéologie

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Mélissa Theuriau et Najat Vallaut Belkacem Source Najat-Vallaut-Belkacem

Les enseignants ne déclarent que les faits les plus graves d’atteintes physiques, les violences verbales ayant été banalisées par les directions même des établissements, comme mode ordinaire d’expression des élèves. Face aux violences faites aux élèves et aux personnels, le Ministère, fort silencieux sur les agressions de ses personnels, fait le choix des bourreaux.

L’an dernier, un film produit par Melissa Theuriau censé sensibiliser au harcèlement scolaire et promu par la Ministre Vallaud-Belkacem, avait suscité, légitimement, l’ire des enseignants et de leurs syndicats.
Ce film illustrait l’indifférence et l’incompréhension de la professeure des écoles face aux persécutions que des enfants faisaient subir à leur camarade. Le salut, la solution, venait d’une camarade, qui le soutenait. Attendrissant?

Non, c’est la nouvelle idéologie qui s’est emparée du Ministère et qui conditionne l’action des Conseillers Principaux d’Education. Les CPE se voient en assistantes sociales bis, récusant le terme d’autorité dans leur mission.

Il y a des modes, qui demandent alors à être suivies aveuglément, avant d’être remplacées par d’autres, présentées elles aussi comme la panacée, le produit

le plus innovant du moment. Et avec ce film publicitaire, ce produit a, de plus, été marqué du précieux sceau: « Vu à la télé ». Cette mode: la médiation des pairs. Les adultes doivent intervenir et interférer le moins possible dans les relations entre les élèves. Quand celles-ci dysfonctionnent, jusqu’à conduire à une situation de harcèlement, il revient aux élèves de régler le problème entre eux. C’est la grande mode et une forme d’uberisation de la vie scolaire: vous formez quelques élèves, qui devront en former d’autres. L’Education Nationale a trouvé le moyen de sous-traiter gratuitement, pour mieux s’en laver les mains, l’autorité et la gestion des conflits. C’est présenté comme le nec plus ultra qui responsabilise les élèves dans l’exacte proportion dans laquelle les adultes sont déresponsabilisés. Les élèves doivent être acteurs en tout. Et les pédagogistes sont ravis: les enseignants sont encore mis à l’index s’ils interviennent, les enfants se débrouillent mieux seuls.

 

Le harcèlement : un fléau souvent sous estimé

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Source La Nouvelle République

Que se passe-t-il concrètement quand une situation de harcèlement est signalée? Parents, vous devez le savoir. Les enseignants sont vite évacués du traitement de la situation sur laquelle le secret règne, ils prennent tout trop à cœur, ils ne se rendent pas compte de la complexité de la situation… En général, la dimension de harcèlement est niée au prétexte de bisbilles potaches adolescentes. « Il faut bien que jeunesse se passe. Cela a toujours été comme ça. » On nie le fait que les jeunes de maintenant sont plus violents, que les réseaux sociaux rendent le calvaire des victimes permanent, que l’anomie touche autant les enfants que les adultes.

Quand les parents de la victime insistent, et ils doivent insister, il faut encore attendre, parce que pour prendre une décision, les CPE et la direction donnent l’impression de devoir bâtir un dossier digne de la série New York Police: écoutes des accusés, des victimes, de leurs témoins respectifs, il faut établir des preuves… Cela prend du temps, parce qu’il s’agit de « situation complexe ». Mais la situation n’est rendue complexe que parce que la majorité des CPE va chercher à faire endosser à la victime une grande partie de la responsabilité et de la réalité du harcèlement.

Désormais en classe de terminale, Susana me raconte son année de troisième: «Il arrivait que la prof de SVT nous traite d’idiots. Comme elle nous faisait peur, on n’a jamais vraiment réagi. Ceux qui en ont parlé à leurs parents se sont entendu répondre que c’est comme ça que beaucoup de professeurs parlaient à leur époque. Alors quand la prof a tiré les cheveux d’une élève qui avait commis une erreur au tableau, on ne savait plus vraiment si c’était normal ou pas, si on avait le droit de se plaindre ou non.» Les faits s’étant reproduits, les parents des élèves victimes de ce genre d’agression ont fini par réclamer un rendez-vous auprès du personnel de direction du collège. À quelques mois de la retraite, l’enseignante a été discrètement mise au placard, sans faire de vagues, afin d’apaiser parents et élèves tout en évitant que la presse locale ne se saisisse de l’affaire. Pour un geste similaire, un élève serait immédiatement passé devant le conseil de discipline, et aurait été très probablement exclu de l’établissement.

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Le choix du bourreau

C’est l’inversion des rôles et de la charge de la preuve, la victime est mise en cause: elle ne réagit pas bien, elle ne se défend pas, elle est en tort, elle doit grandir, s’affirmer.

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Source Gestion Scolaire

Une CPE à Marseille a ainsi conseillé à une élève insultée quotidiennement de faire intervenir son grand frère scolarisé dans le même établissement, puis de s’entraîner devant le miroir à répondre « fichez-moi la paix », avec un air ferme et convaincu. Dans un autre collège, c’est la victime qui est jugée trop fragile, qui a la larme trop facile, une infirmière scolaire expliquant même cette hypersensibilité par le fait qu’elle était élevée par deux mamans…

 

On fait le choix du bourreau: lui a droit à l’empathie institutionnelle en tant que Gavroche souvent reçu par les CPE et les chefs d’établissement. Les punitions reçues le stigmatisent. Et l’excuse devient psychologisante: la relation de harcèlement est structurellement duale, la victime a sa part de responsabilité, elle en tire même un bénéfice narcissique. L’autre explication est sociologique.

Conscients de la piètre image que donne leur recherche de l’humanité, les auteurs conseillent aux parents d’encourager les jeunes au profil agressif à exercer leurs talents dans des sphères d’activité plus pacifiques comme le sport.

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SOS

Quand il brise la mâchoire d’un adulte, quand il lance un cocktail molotov, quand il poignarde un camarade, l’enfant violent lance en fait un appel à l’aide. Il ne sait pas s’exprimer par des mots, avance un linguiste dans une tribune publiée sur Marianne.net, pourtant la gamme d’insultes est pleinement maîtrisée. C’est « la machine scolaire » qui est « ségrégative, inégalitaire et autoritaire » selon G. Chambat. Il y a comme un goût romantique pour la violence urbaine de la part de bourgeois s’encanaillant à approcher la misère, que l’on retrouve dans les excuses données aux casseurs. Ces pauvres petits sauvages ne peuvent faire autrement, c’est la société qui les a rendu sauvages, l’école doit les accepter dans cette singularité et ne surtout pas les sanctionner et exiger d’eux un comportement urbain. Les exigences de respect des règles sont stigmatisantes et discriminantes. Et c’est un fait, les petits caïds des établissements sont nettement moins inquiétés que ce que leurs actes mériteraient.

Une autre étude concluait que les adolescents perçus comme les plus cool et populaires à 13 ans étaient les futurs adultes à problème: ces ados aux «comportements pseudomatures» qui sont plus précoces sexuellement, commettent des actes de petite délinquance et ont tendance à choisir leurs amis en fonction de leur apparence physique, comptent sur ces types de comportements pour gagner l’admiration de leurs pairs. Ils sont amenés à adopter des comportements plus graves pour maintenir leur statut quelques années plus tard, quand les adolescents sont plus âgés et moins impressionnables… Ils abusent plus par la suite de drogues et d’alcool et commettent plus d’actes de délinquance.

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Un système scolaire décrédibilisé

Mais où est la discrimination? Elle est dans le fait de minéraliser les difficultés scolaires et comportementales en s’interdisant d’avoir les mêmes exigences de respect des règles. Elle est dans le fait de tolérer des violences quotidiennes. Dans le fait d’affirmer qu’il n’y a pas d’élève difficile, mais seulement des enseignants en difficulté. Elle est dans le fait de négliger l’apprentissage et la réussite des autres enfants qui ont le tort d’être discrets. L’école publique est aussi et d’abord faite pour eux.

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Source RTL

L’idéologie libérale-libertaire des pédagogistes entre en convergence avec l’austérité mise en musique par les hauts-fonctionnaires: il n’y a pas besoin de plus d’adultes, mais il faut des élèves plus acteurs: « La pédagogie sociale qu’il faut remettre à l’ordre du jour est une pédagogie engagée aux côtés des dominés, où l’élève n’est plus le spectateur consommateur de savoirs mais l’auteur de ses apprentissages » (1). Ces propos d’un auteur libéral-libertaire ont été validés par Florence Robine, directrice de l’Enseignement scolaire, qui déclarait que les élèves n’avaient pas besoin des profs, disposant d’un moteur de recherche comme Google. En pédagogie, cela donne la classe inversée. Les élèves apprennent les leçons à la maison, et font des exercices en classe: cette ubérisation de la scolarité est présentée comme innovante. Et peu importe qu’elle laisse sur le côté tant d’élèves qui n’ont pas les équipements à la maison, ni la disponibilité des familles. Pour ceux-là, l’exigence n’est plus d’ordre scolaire, elle est comportementale. L’essentiel étant qu’ils restent à l’école.

Chers parents, on fait tout pour vous culpabiliser de nourrir des attentes vis-à-vis de l’école et vis-à-vis de vos enfants. Les familles des victimes sont invitées à scolariser leurs enfants dans un autre établissement, y compris privé. Parce que, chers parents, vous en avez les moyens et les capacités en termes de mobilité. Honte à vous de profiter de ce service public gratuit alors que vous pouvez aller dans le privé. L’école publique, selon ces bonnes âmes, c’est d’abord fait pour ces gamins devenant des barbares. Pas à cause de l’école et de la société. Mais parce l’Etat, le Ministère de l’Education Nationale, de l’Intérieur, abdiquent leur autorité et nourrissent chez eux un sentiment de toute-puissance et d’impunité totale, sentiment qui compromet l’acte éducatif qui est aussi là pour poser des limites. Les hauts-fonctionnaires et les pédagogues ont fait de l’école un lieu peu sûr pour vos enfants et pour les enseignants. L’Education Nationale a fait le choix des bourreaux.

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Article original : Cédric COUSSEAU, Youtube : du web au canapé du salon, Inaglobal, 2010.
Editorialisation : Eugénie.V, Marion.R, Mounia.B

De la start-up qui a initié les internautes au partage de la vidéo, YouTube s’apprête de nouveau à révolutionner la consommation de la vidéo avec la Google TV.

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        Article original

Kaveh WADDELL ; Le dark web est bien moins sombre que vous le croyez, 03.11.2016, Slate.fr

Amaelle Guiton; Qui a peur du grand méchant «darknet»? 27.11.2013, Slate.fr ( Point n°3)

Editorialisation : Victor Rochet

 

 


Une étude tente de déterminer quels types de sites on trouve dans la face cachée d’internet

 

Le Web Profond, plus connu sous le nom du deep-web rassemble une grande majorité du contenu web disponible. Le deep web correspond donc à des pages présentes sur la toile mais non accessible via des moteur de recherches classiques. Connu pour être le repère de receleurs d’armes et de drogues, le dispositifs séduirait de plus en plus les internautes lambda 

deepweb
2015,Vue de l’internet « caché », Dark-Net News

 

Vous faites partie de ceux qui refusent catégoriquement de visiter le dit «dark web», ne serait-ce que par curiosité? Rien d’étonnant à cela, outre les drogues illégales à disposition et le marché noir de comptes Netflix, les récits que les médias en font parlent aussi de, d’armes, d’organisations terroristes et de tueurs à gages.

 


Suite au dernières révélations concernant la sécurité sur internet le Dark Web soulève de nouveaux enjeux 

«De par la façon dont le dark web est organisé ou plutôt par la façon dont il ne l’est pas, il est quasiment impossible de déterminer les sites qui l’habitent», déclare toutefois The Atlantic. En effet, il n’y a aucun moteur de recherches et le dark web est inaccessible depuis des navigateurs comme Safari, Chrome ou Firefox.Mais selon une étude publiée par Termium Labs –une entreprise qui analyse le dark web–, il est en réalité bien moins sombre qu’on ne le croit. 

→ Télécharger le rapport de Terminus Labs

 Distribution des sites du Deep Web par contenus
2001, Journal Of Electronic Publishing

Les entreprises civiles cherchent l’anonymat 

Le document révèle que sur un échantillon de 400 sites sélectionnés au hasard par un bot, moins de la moitié des sites qui le composent sont illégaux. Pour le reste, des choses très diverses comme le site d’information ProPublica, Facebook, des forums de discussion semblables à ceux qu’on peut trouver sur la partie émergée du web, des sites d’entreprises ou de partis politiques, énumère The Atlantic.

Propublica est le premier site internet d’information d’envergure à faire de la protection de la vie privée de ses lecteurs une de ses priorités. Avec pour devise « le journalisme d’intérêt public », le pure player se devait de développer une plateforme accessible à tous, partout dans le monde. Le site sera disponible à l’adresse propub3r6espa33w.onion, accessible via le réseau TOR(1). Cette initiative a été développée afin de répondre à la censure et aux menaces que subissent certains internautes dans le monde. Propublica permet de cette manière aux journalistes d’avoir accès à l’information de manière totalement sécurisée et anonyme.

 

Twitter de E.Snowden

«Anonymat ne veut pas dire criminalité », écrivent Clare Gollnick et Emily Wilson, les auteures de l’étude.

 

 

2016, France Culture : La face caché du Web


   Début 2nd Article


Ainsi, pour les trois derniers mois, en consultant les statistiques de Tor, on trouve une moyenne de 2.000 utilisateurs quotidiens au Bahreïn, entre 15.000 et 20.000 en Iran, ou encore 6.000 en Syrie – pour ne prendre que quelques exemples des «pays ennemis d’Internet» identifiés par Reporters sans frontières.En Russie, pays «sous surveillance», ils sont 120.000 chaque jour.

 Des lanceurs d’alerte, des journalistes, des blogueurs, mais aussi des militaires et des policiers

 

2016 Centre Ressources Labo Média

Le nombre total d’utilisateurs quotidiens – faussé depuis la fin août par un afflux attribué à un réseau de bots informatiques – est évalué à un million environ par les membres du Tor Project. L’humanité étant diverse, on trouvera parmi eux des militants, des lanceurs d’alerte, des journalistes, des blogueurs, mais aussi des militaires et des policiers, voire des citoyens «lambda» plus soucieux de vie privée que la moyenne. Et, en effet, des criminels. Mais là encore, impossible, sauf à monitorer l’ensemble du trafic, de faire la part statistique des usages socialement utiles et des activités socialement néfastes.

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Tweet de Dark Net Web

 

Il n’existe pas de répertoire exhaustif des services cachés mais uniquement un portail, The Hidden Wiki. Lequel, sans hiérarchie, liste aussi bien un site-miroir de WikiLeaks et des forums hacktivistes qu’un site de vente de faux passeports britanniques, un black hat qui loue ses services (moyennant 50 euros et beaucoup de fautes d’orthographe) ou encore un «Assassination Market» dont le fondateur a été récemment interviewé par le journaliste américain Andy Greenberg. Sans oublier The Silk Road, «l’eBay de la drogue», remis en orbite un mois après l’arrestation de son fondateur présumé, Ross Ulbricht.

Faut-il alors donner raison aux reportages à sensation ? C’est évidemment plus compliqué. À moins de tester toutes les offres, difficile de faire la part des «plaisantins» pratiquant l’escroquerie pure et simple, et de ceux qui ne le sont pas. Plus fondamentalement: cette réalité-là existe, et la glisser sous le tapis n’aurait pas de sens; mais l’effet de loupe peut être trompeur.  À titre d’exemple, d’après l’acte d’accusation de Ross Ulbricht, il se serait échangé sur Silk Road, entre février 2011 et juillet 2013, l’équivalent de 1,2 milliard de dollars, entre 3.800 vendeurs et 147.000 acheteurs. À mettre en regard avec les 320 milliards annuels auxquels les Nations unies estiment le marché mondial du trafic de stupéfiants, dont la vente en ligne n’est qu’une des modalités, encore minoritaire.

 

Immersion dans le monde des utilisateurs du Dark-Web, Documentaire de France 4

(1) : Tor est un réseau permettant d’anonymiser l’origine des connexions

 

Pour continuer l’exploration vous pouvez aussi accéder à :

Page Facebook du TOR project                                                             Une Infographie

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Voyage vers la salle de classe du futur

Nous sommes en 2035 à Paris, Alexandre Fournier, jeune professeur de Sciences de la Vie et de la Terre, rend visite à sa mère Mathilde, ancienne professeur à la retraite et son petit frère Louis, lycéen. Cette visite va engendrer un conflit de génération sur les méthodes de travail dans une salle de classe connectée.


Alexandre FOURNIER, un professeur passionné

Alexandre, 35 ans, vit seul dans un appartement à Villeneuve-La-Garenne (92390). Il est, depuis maintenant 9 ans, enseignant de Sciences de la Vie et de la Terre dans un collège au cœur de Paris. Alexandre donne 25 heures de cours par semaine et gagne 1700€ par mois. Il se contente d’un salaire de classe moyenne afin de faire de son métier une passion. Il adore transmettre ses connaissances aux plus jeunes et apprécie sa fonction de professeur principal.


Mathilde et son fils cadet, Louis reçoivent la visite de l’aîné Alexandre. Ils se réunissent autour d’un diner à l’occasion de Noël. Mathilde, 65 ans retraitée depuis peu, exerçait le métier de professeur de français au lycée. Elle a des valeurs traditionnelles et éprouve une aversion pour les nouvelles technologies. Son fils Louis, âgé de 16 ans baigne dans ces technologies ce qui a le don d’exaspérer sa mère.

Le repas se déroule à merveille jusqu’au moment où Mathilde interroge son Alexandre sur son travail et que ce dernier, tout excité répond « Ça se passe très bien, on a même reçu le dernier modèle de tableau électronique vendredi dernier, je suis pressé de l’essayer avec mes élèves.» La mère, dans l’incompréhension demande « Un tableau électronique ? Qu’est-ce que c’est que ça encore ? » il lui explique qu’il s’agit de la dernière version de l’interface qui contrôle la salle de classe et ses dispositifs, tels que les tablettes des élèves.

L’hyper-connexion : notre destin

1. Tableau électronique, servant de terminal. Il a pour fonction de relier l’appareil à un système informatique d’une salle de classe. 2.Les tablettes qui sont connectées et dépendantes du tableau électronique.

Après son explication, Mathilde, irritée riposte « Vous n’en avez pas marre d’inventer des nouvelles machines tous les jours ? Bientôt vous serez tous remplacés par des robots et tu n’auras même plus de boulot ». Avec humour, il réplique « Mais n’importe quoi maman, t’es restée bloquée dans les années 2000 ou quoi ? ». Il lui explique que le savoir et l’information sont deux notions distinctes. L’information est un ensemble de données qui n’a pas de valeur si elle n’est pas couplée à la connaissance transmise par un professeur. Celui-ci détient le savoir et l’expérience pour interpréter l’information et pour encadrer les élèves. D’ailleurs, Mathilde n’est pas la seule à prédire l’extinction du professeur dans les salles de classe au profit d’un professeur virtuel. Dans cet article, le Figaro s’interroge sur le portrait du professeur du futur ainsi que le rôle qu’il aura à jouer dans une salle de classe. Pas très convaincue, Mathilde rétorque à son fils « mais avec toutes vos évolutions, ce sont TES Apple, Intel et Microsoft qui s’en mettent plein les poches pendant que vous, vous êtes aliénés à leurs machines. Où sont passés les livres en papiers ? Tu sais, à mon époque, l’école mettait à disposition une salle informatique, mais l’essentiel des connaissances étaient enseignées par un professeur ». Il répond « Je suis d’accord maman, mais le marché pédagogique a évolué, hier c’était les maisons d’édition qui étaient leader et aujourd’hui ce sont les entreprises spécialisées dans le développement des nouvelles technologies qui produisent des manuels en formats numériques, des livres, et des autres supports de travail ». Mathilde ajoute « Regarde les résultats scolaires de ton frère ! Ils sont catastrophiques à causes de vos classes trop connectées ». Louis excédé par l’attaque de sa mère, précise que l’école constitue un espace fermé au monde mais avec une fenêtre sur l’univers « Je ne peux même pas me connecter sur les réseaux sociaux en cours, tous ces sites sont bloqués pour favoriser notre réussite scolaire. Mes mauvaises notes sont plus dues à mon manque de sérieux qu’à la méthode de travail utilisée en cours » dit-il. Alexandre explique à sa mère que les salles de classes étaient vouées à muer vers une nouvelle forme, plus numérique, plus connectée, qui serait à l’image de son temps. Il indique à Mathilde que des recherches sur l’aménagement des salles de classe ont été effectuées notamment par le laboratoire de la salle de classe du futur à Bruxelles, qui a étudié quel serait l’aménagement optimal de la salle de classe du futur, afin de maintenir l’attention des élèves en cours, et proposer un dispositif en accord avec son temps. « Les salles de classes sont bien passées de la craie, au feutre, au projecteur maman, ça n’a pas finit d’évoluer. » 

Schéma de la salle de classe du future par le Future Classroom Lab
Schéma de la salle de classe du futur par le Future Classroom Lab

Alexandre rajoute qu’à l’époque de Mathilde des inégalités concernant les fournitures scolaires subsistaient. En effet, les élèves n’avaient pas tous à leur disposition des ordinateurs ce qui provoquait une différence de travail et de résultats scolaires. Certains élèves apportaient leurs propres ordinateurs ou tablettes avec eux au lycée. C’est le BYOD (Bring Your Own Device), à présent, les élèves n’ont plus à apporter leur outils personnels, car à la rentrée ils disposent tous d’un appareil fourni par l’établissement et restitué en fin d’année. 

Cette discussion a permis à Mathilde de mieux comprendre les évolutions positives du travail d’un enseignant. En effet, cela permet d’avoir un meilleur suivi personnel des élèves, de réduire l’absentéisme en cours grâce au dynamisme qu’apporte les outils pédagogiques et d’améliorer l’attention des élèves en cours. Cette démarche de réaménagement de l’espace de travail à déjà fait ses preuves dans des milieux d’entreprises, comme Google, ou l’espace de travail a été étudié afin d’améliorer la productivité des employés et leur bien-être, ce qui a suscité de meilleurs résultats des salariés comme l’explique cet article de l’Humanité. Cependant, entêtée, Mathilde reste convaincue que ce n’est pas bénéfique au système scolaire.

Mathilde n’est pas la seule à être de l’avis que la surenchère technologique à l’école ne profite pas aux élèves. Cet article relate une étude menée aux États-Unis, sur les résultats des élèves dans le cadre d’une pédagogie « high-tech » qui démontre que contrairement aux idées reçues, les résultats des élèves ne progressent pas plus qu’on ne pourrait le croire et révélerait même une tendance à la stagnation. L’utilisation des technologies numériques n’aurait donc pas d’impact direct sur les résultats scolaires des élèves. 

Téléportons-nous en 2035

A l’aube du XXIe siècle, cette tendance à vouloir reconfigurer l’aménagement d’une salle de la classe s’affirme auprès de chercheurs, de médecins et d’enseignants, comme l’atteste cet article du café pédagogique sur l’aménagement des salles de classe, ou encore cette description de la salle de classe du futur par le docteur Dieter Breithecker.

André Roux, professeur et consultant en pédagogie et technologie numérique proposait déjà en 2011, un projet de travail sur la transformation d’une salle classe du futur sur son blog.

Dans la vidéo ci-dessous, Intel propose sa vision très futuriste de ce à quoi devrait ressembler une salle de classe d’ici quelques dizaines d’années et offre une bonne representation de la façon dont laquelle la technologie sera mise à profit dans l’environnement pédagogique dans les années futures.

Dans la vidéo suivante nous avons un autre aperçu de la salle de classe du futur et de l’usage de la technologie dans l’éducation par l’Unité des Nouvelles Technologies Educatives.

 

Et selon vous, à quoi ressemblera la salle de classe du futur ? Que pensez-vous d’un espace pédagogique plus connecté, baignant dans les technologies numériques ?

Pour aller plus loin…

Future Classroom Lab en France 

La salle de classe idéale existe: elle est équipée de rocking chairs par Slate.fr

Par Cindy Pradel, Nadia Ghoualem, Salma Benkirane.


Contexte

Nous sommes en 2035 et la très grande majorité de la population française dispose d’un Dossier Médical Personnalisé, actualisé en temps réel. Le dispositif s’est difficilement imposé l’année de son lancement, vingt ans plus tôt. Une période où peu de dossiers ont été crées malgré la stratégie de communication avalisée par la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes de l’époque : Marisol Touraine. Nonobstant, à coup de matraquage publicitaire, année après année et ce, sous différents mandats présidentiels, la sensibilisation s’est accrue. Le DMP est alors devenu un outil indispensable au domaine de la santé, notamment grâce à un accès simplifié et une utilisation des données plus pertinente. À cet effet, le gouvernement avait préconisé et mis en place le DigiSanté, une application disponible sur les principaux supports de communication (smartphones, tablettes, montres connectées) qui, malgré son utilité indéniable, compte toutefois quelques revers. Lesquels ? #Espace Santé, blog à l’optique éditoriale participative donc subjective, vous les dévoile ci-après.


Bannière du Blog "#Espace Santé"

Nina M., 17 ans, est la nouvelle victime des failles à l’accès par empreintes digitales liées au DigiSanté, outil qui présente des carences indubitables en matière de sécurité. À travers l’enquête d’une affaire faisant grands maux, #Espace Santé mène la rétrospective d’une application qui ne fait pas l’unanimité.

Une histoire banale ? Certainement pas, tant la mesquinerie et l’intimidation qui en résultent caractérisent l’insolence dont ont fait preuve deux lycéennes à l’encontre d’une seule et même victime. Les conséquences sont effectivement importantes pour Nina M., 17 ans, élève au lycée Gérard de Nerval (Val d’Oise), cible d’une blague douteuse savamment préparée par ses « camarades » de classe, qui ont ni plus ni moins dévoilé son état de santé.

Plaisanterie de mauvais goût, harcèlement, marginalité dérangeante, jalousie ou encore méchanceté gratuite… À l’aube de la majorité, les raisons arbitraires d’un acte de piratage de données peuvent être multiples. Aucune ne peut cependant justifier le scénario vécu par Nina, actrice malgré elle d’une trame dont le but est de provoquer le malaise, son malaise.

À son insu, la jeune demoiselle se fait hacker son DigiSanté par deux élèves de sa promotion dont les noms ont volontairement été anonymisés. Ces élèves ont, sans coup férir, eu accès aux données médicales personnelles donc privées de Nina, atteinte d’une maladie sexuellement transmissible depuis près d’un an. Ces dernières n’en restent pas là, tant s’en faut, puisqu’elles partagent dès lors leur découverte à l’ensemble des élèves du lycée — et remportent par ailleurs à ce moment précis la palme de l’insanité. Habituellement discrète et sans histoire, Nina devient la cible de nombreuses railleries en l’espace d’une journée.

Des données (trop) facilement piratées

Comment ont-elles réussi à hacker son DigiSanté ?

Par sournoiserie et manipulation, le tout saupoudré d’une simplicité inouïe. Entre deux cours, les deux lycéennes font furtivement part d’une soirée avec l’ensemble de leur promotion pour décompresser suite à une première salve d’examens intense. N’ayant pas les coordonnées de Nina, elles lui suggèrent de swiper l’index sur l’un de leur SlyPhone 2 — biométrique pour toute action (ajout de contacts, authentification, etc.) —, prétextant alors l’envoi immédiat des modalités concernant la festivité. Des informations qu’elle ne recevra jamais.

Crédule, Nina ne se rend guère compte de l’erreur commise sur l’instant, son prochain cours commençant déjà. Sa perte était malheureusement amorcée. Les deux jeunes élèves, elles, s’extasient de leur fourberie et préparent minutieusement le coup de grâce : divulguer la maladie intime de Nina. Mais la jeune fille qui s’est rapidement aperçue de cette manigance au vu des innombrables regards en sa direction dépose aussitôt plainte auprès des autorités pour provocation au suicide en milieu scolaire.

 

Les retombées judiciaires

À quelles sanctions les mineures devraient-elles s’attendre ?

Des sources proches du dossier affirment une volonté de réponse adéquate émise par le tribunal chargé du procès. D’après les textes de loi, les deux lycéennes encourraient une peine de deux ans et demi de prison et 7500 euros d’amendes chacune, qui devront être réglées par leurs responsables légaux respectifs. 

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Tableau des … – source Legifrance

Personne n’est cependant en mesure, à ce jour, d’émettre la moindre piste en ce qui concerne la véritable motivation des deux lycéennes ; l’affaire devant rester discrète, les informations filtrent au compte-gouttes. Sous quel motif  ? Nina et le respect de son intégrité, ou en vue d’étouffer à nouveau l’incompétence dont fait preuve le ministère de la Santé vis-à-vis des autres cas de figure avérés et liés aux failles du DigiSanté ? La question se pose.

Un cas parmi d’autres

Quelles seraient les suggestions appropriées face à ce genre de brimade itérative ?

L’affaire Nina M. n’est pas sans rappeler celle de Ricardo P., étudiant brillant en école d’ingénieurs à Paris, qui dépiste un cancer colorectal en décembre 2032. Paniqué, il en parle à des membres de son entourage universitaire. Ces derniers, mal intentionnés, piratent par voie cybernétique son DigiSanté en changeant premièrement les paramètres d’accès puis en modifiant l’empreinte biométrique demandée en ouverture de compte. Les conversations médicales inductivement privées que le jeune homme entretenait avec son médecin via DigiTalk (messagerie instantanée du DigiSanté) sont par la suite dévoilées anonymement, en plein amphithéâtre, sous les yeux de Ricardo.

À savoir, l’enquête est toujours d’actualité tant l’accomplissement des actes a été minutieux, et ultra contrôlé par les fauteurs de troubles. Autant de paramètres poussant Ricardo à abandonner son cursus en cours d’année.

  


Piqûre de rappel : qu’est-ce que le Digitalk ?

Le DigiTalk est l’outil de discussion instantané adjacent au DigiSanté. Médecins et patients peuvent converser en toute sécurité sur l’avancée critique ou positive de leur état de santé. Tout comme les patients atteints d’une même maladie qui peuvent dialoguer entre eux par voie de conversation groupée. En outre, les personnes inscrites dans un même groupe de conversation peuvent consulter certaines données liées aux DMP (après autorisations) des autres membres.

DigiSanté : page d'authentification biométrique
DigiSanté : authentification biométrique
DigiSanté : page d'accueil
DigiSanté : page d’accueil
DigiSanté : page des données médicales
DigiSanté : page des données médicales
DigiSanté : courbes médicales
DigiSanté : courbes médicales

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cela, le DigiTalk est considéré comme le canal relationnel permettant de créer une synergie entre les données technologiques résultantes du DMP et les données affectives qui découlent des échanges entre patients atteints de maladies analogues. L’isolement chronique bien souvent observé chez ces patients est ainsi minimisé. Car ces échanges permettent de tisser des liens sociaux forts, mais aussi d’aider psychologiquement les différents utilisateurs dans leur quotidien. Le suivi médical est quant à lui optimal.


Que retenir ? 

Le constat est par conséquent sans appel, le DigiSanté et son outil connexe, le DigiTalk, sont mis à mal par bon nombre de jeunes usagers, malveillants. L’accès aux données doit impérativement être renforcé dans les moindres détails et surtout dans les plus brefs délais, car elle est néfaste à leur bon fonctionnement. Qu’attend le gouvernement pour agir ? Un nouveau scandale ? En effet, le véritable problème qui se doit d’être relaté est de savoir si le DigiSanté à reconnaissance digitale correspond en tout point au besoin de la jeune génération actuelle ?

Pour y répondre, revenons aux prémices de sa création.

Une histoire qui a mal commencé

Lancé en 2004 par le Ministère de la Santé avec la loi relative à l’assurance maladie, le Dossier Médical Personnel avait pour but de rassembler toutes les données médicales d’une personne sur un carnet numérique et de faciliter la relation entre le patient et le professionnel de santé.

En 2015, le Dossier Médical Personnel est rebaptisé Dossier Médical Partagé. Comme tout dispositif, il connaît de failles. Selon Le Parisien, « plus de 500 millions d’euros ont été déboursés pour ce DMP, que peu de professionnels ont utilisé ».

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Télécharger la version intégrale du dossier presse DMP, partagé en 2015


D’après le site officiel du DMP, 5 régions utilisaient cet outil dans 75 établissements hospitaliers (Acquitaine, Picardie, Ile de France, Centre, France Compté, Alsace). Bien que le DMP fonctionnait dans certains pays comme la Belgique ou l’Espagne, l’outil vu comme révolutionnaire, était défaillant en France (manque d’ergonomie, de lisibilité, possibilité de stockage des documents très faible, manque de sécurité).

C’est avec l’arrivée en 2012 de Marisol Touraine au Ministère de la Santéque l’on observe une amélioration du DMP. Anciennement régi par l’Agence des Systèmes d’Information Partagées de santé (ASIP), c’est la Sécurité Sociale qui prend le relais afin de mieux gérer les parcours médicaux par de nombreuses améliorations :  renforcement de la sécurité avec changement obligatoire du mot de passe, intégration d’une nouvelle charte graphique, plus de proximité entre les spécialistes et les patients en favorisant leurs échanges.

Malgré ces améliorations et le développement de la sécurité, en 2015 les utilisateurs étaient toujours préoccupés par la polémique de l’open data et l’hyper connexion. Selon un rapport du CNIL , les consommateurs d’applications liées à la Santé étaient estimées à 26 milliards en 2017. En 2035, c’est plus de 29 milliards de personnes.

Nina, comme l’ensemble de la population française, utilise ce service pour vérifier son état de santé, mais aussi, dans son cas, suivre l’avancée de sa maladie : la Cryptococcose Aujourd’hui encore la sécurité est défaillante puisque la jeune Nina s’est fait piratée, on pourrait se demander que fait réellement le gouvernement pour protéger nos données ?

Le DMP : comment ça marche ?

Un bilan mitigé

Bien que l’accès aux données personnelles de santé soit, malgré le DMP, un sujet épineux, le gouvernement a tout de même su mettre en confiance ses citoyens par de nombreux moyens. Selon un rapport étude de la CNIL de 2015, « 500 millions d’utilisateurs de smartphones et de tablettes utiliseront des applications mobiles liées à la santé en 2015 ». Cette perspective n’a été atteinte qu’en fin 2016 et s’est généralisée après la mise en place de l’application DigiSanté. Les nombreuses fonctionnalités ont convaincu des millions de personnes qui voient désormais en DigiSanté un sérieux allié pour la santé.

Signe du succès de l’application, le nombre de dossiers médicaux créés a été multiplié par quatre. La France, qui ne comptait que 565 209 dossiers en décembre 2015, n’a pas suivi l’exemple de son voisin britannique qui lui a fermé son portail de données personnelles de santé en ligne fin 2012. Aujourd’hui, plus de 65 millions de dossiers ont été crées parmi les 68,2 millions de personnes présentes dans l’Hexagone. Une réussite en demi-teinte, malgré les efforts du gouvernement pour améliorer l’application. Dans la première version du DigiSanté, l’accès s’effectuait grâce à des mots de passe personnalisés par les patients. Désormais, l’application est uniquement accessible grâce à l’empreinte digitale du patient. Une technique qui a permis de diminuer le nombre de piratages par 1,5 selon le ministre de la Santé.

« Grâce aux technologies les plus récentes, nous avons mis en place une application sûre qui permet d’accéder aux données personnelles de santé de manière efficace. Le DigiSanté est l’outil le plus sécurisé en matière de données personnelles médicales », a souligné le ministre Laurent Tarrigeau.

Toutefois, ce système n’est pas infaillible (comme le démontre le cas de Nina).

Utilisée par des millions de consommateurs en France, le DigiSanté et le DigiTalk sont aujourd’hui des applications indispensables dans le domaine de la santé. Pourtant, les difficultés d’il y a vingt ans sont toujours d’actualité. Les données personnelles liées à notre santé semblent accessibles à tous, malgré un accès « sécurisé » à l’application. Ni les mots de passe ni les empreintes digitales ne font le poids contre le piratage. Des solutions dignes des plus grands espions ont été suggérées (reconnaissance vocale, rétinienne et même salivaire) afin de garantir au maximum la sécurité des données personnelles. Une véritable mission que le gouvernement doit (encore) relever.

>> Par Vionie, Wassila, Célia, LDR, Patricia et Tom, membres actifs du blog #Espace Santé.

 

Salut à tous mes chers techno-addicts ! Je suis content de vous écrire ce nouveau billet de blog pour vous présenter une découverte que j’ai faite il y a quelques jours : l’application CLEO ! Vous vous demandez ce que c’est ? Eh bien figurez-vous que je l’ai découverte chez mon maître de stage et que ça révolutionne radicalement notre manière de regarder un concert, un film et même de visiter les musées. Je sais que j’ai attisé votre curiosité, je vais tout vous expliquer !

Je vous avais écrit la dernière fois pour vous présenter l’entreprise dans laquelle j’effectue mon nouveau stage. Je tiens à vous dire que mon stage se passe très bien pour le moment, que Hologram Inc. est une entreprise pleine d’avenir et que le service dans lequel je suis – le pôle Imagerie digitale – me permet réellement de mettre en application les connaissances et les compétences de mon Master 2 en Sciences de l’Ingénierie en images numériques. Il me reste environ cinq mois dans ce pôle avant de pouvoir, je l’espère, valider mon diplôme. Voilà pour mon quotidien. Mais si je vous écris aujourd’hui c’est, comme je vous l’ai annoncé, pour vous présenter une application que j’ai eu la chance de découvrir chez mon maître de stage Julien : l’application CLEO. Je trouve d’ailleurs que c’est un nom assez amusant pour une application révolutionnaire qui modifie notre manière de vivre la culture !

Logo de l'application CLEO
Logo de l’application CLEO – © CDC

 

Nous avons l’habitude, depuis maintenant environ 25 ans, de vivre différentes scènes grâce aux Oculus. Les jeux vidéos, les visites de musées, les films “comme si vous y étiez”… J’avais obtenu le mien il y a six ans et je dois bien reconnaître qu’il y a eu de grands changements depuis, entre l’amélioration du design et de l’ergonomie, les ajustements visuels – possibilités d’ajustement des lentilles -, ainsi que l’ajout du son qui favorise l’immersion dans un environnement de réalité virtuelle. Il en avait coûté à l’époque à mes parents une bonne centaine d’euros, un prix qui est resté stable. Mais ces évolutions risquent de ne pas peser lourd face à CLEO.

Le plus récent Oculus, l'Oculus G25
Le plus récent Oculus, le G25 – © Oculus

 

C’est chez Julien que je l’ai découverte. Il y a trois jours, il m’a proposé d’aller chez lui après le travail pour suivre en direct le concert anniversaire du groupe Linkin Park car nous en sommes tous les deux fans inconditionnels. Je pensais alors que nous allions les suivre soit à la télévision soit grâce à nos Oculus connectés. Mais juste avant de partir, Julien m’a dit de laisser le mien au bureau car nous n’en n’aurions pas besoin. Sans pour autant me dire ce qui le remplacerai, ce n’est qu’une fois arrivé chez lui que j’ai découvert une nouvelle technologie qui jusque là n’était présentée que dans les magazines spécialisés, et qui nous a permis de vivre le concert depuis son canapé et dans son salon qui pour l’occasion devenait un espace en totale immersion : nous étions au cœur de la foule. Choix de l’emplacement vis-à-vis de la scène, volume sonore de la musique, contraste réglable entre la musique et le bruit de la foule… Tout était programmable pour assurer la meilleure expérience possible. Il suffisait juste de plonger la pièce dans le noir, d’allumer les poutres holographiques connectées de la pièce, de lancer l’application et de faire notre choix d’événement pour que tout l’environnement prenne vie en réalité augmentée. Les trois heures de show furent vécues quasiment aussi bien que si nous y étions. Incroyable ! Je ne pouvais pas, à la fin du concert, ne pas en demander plus à Julien sur CLEO. Il m’a alors tout expliqué.

CLEO – Cultural Life Experience Optimized – est un programme que l’on peut installer sur différents supports, aussi bien dans sa maison connectée que sur ses lunettes à réalité virtuelle, son smartphone et autres.

Fonction/Qu’est-ce que c’est ?

Il permet de consommer des produits culturels à n’importe quel moment, n’importe où, comme si nous y étions. L’application s’adapte au support sur lequel elle est utilisée. Bien sûr, ce support influe sur l’immersion possible : l’exploiter dans une maison connectée garantira une immersion totale. Une exploitation sur lunettes connectées offrira une immersion complète également, mais ne pourra pas être partagée par plusieurs, contraintes techniques obligent. Enfin, CLEO sur tablette offre une immersion relative, l’hologramme de l’action désirée étant projeté par le capteur intégré, possédant de fait une plus petite portée de projection.

Qui peut se le procurer ?

Ce programme est accessible à tous et permet d’assister à des productions culturelles facilement, même pour les personnes en situation de handicap.

Comment se le procurer ?

CLEO est disponible sur l’Appstore ainsi que sur les autres plateformes de téléchargement légal. On peut la télécharger gratuitement, et dès son installation l’application reconnaît les fonctionnalités techniques de l’appareil sur lequel elle est utilisée, de manière à s’y adapter.

Installation du programme

Même principe que Deezer, il faut se créer un compte. Le programme est accessible gratuitement mais dans ce cas, des publicités sont diffusées.

Pour ne pas avoir de publicités, il est possible de souscrire à un abonnement. Cet abonnement permet une meilleure qualité de son grâce à la technologie binorale 3.0 ainsi qu’une meilleure réception, le réseau étant en priorité mis à disposition des abonnés. Concernant les publicités, il est tout à fait possible de vivre pleinement l’expérience même avec leur présence, car celles-ci sont en général disposées sur les cotés du champs de vision.

Quel contenu ?

Ce programme permet de visiter les musées en accès gratuit, d’assister à des concerts et de vivre des films comme au cinéma.

Je me suis alors demandé comment cette application, encore considérée comme une “invention du futur” il y a moins de cinq ans, a pu être réalisable techniquement. Une recherche sur le site de la société qui la commercialise, Cultural Digital Company (CDC) explique tout le processus pour les trois types d’offres accessibles sur CLEO.

Pour le cinéma

Les nouvelles caméras multidirectionnelles utilisées lors des tournages pour augmenter la profondeur des rendus 3D en salles ont été optimisées mais subissaient les limites des salles de cinéma physiques (la seule évolution étant que l’on peut désormais regarder les films en 3D sans les lunettes adéquates). L’an dernier avait été soulevé, à l’occasion de la 87ème édition du Festival de Cannes, le problème de ces salles ne proposant pas de nouvelles expériences pour les spectateurs. CDC, qui était déjà en train de développer CLEO, ne pouvait alors mieux tomber.

L’application offre à ses possesseurs la possibilité de visionner tous les films sortis depuis cinq ans. Une fois le film sélectionné, l’utilisateur le lance et peut choisir, durant l’intégralité du film, l’angle et la place depuis lesquels il souhaite regarder l’action. L’angle par défaut et celui que nous avons au cinéma. Il suffit alors :

Pour les maisons et lunettes connectées : de se déplacer dans l’espace de la scène pour continuer à la vivre. D’une scène à l’autre, le positionnement de l’utilisateur reste le même, afin qu’il n’ait pas à se déplacer à chaque nouvelle scène.

Pour les tablettes : de pointer son doigt vers l’angle depuis lequel on souhaite vivre l’action, le champ de vision s’adaptant alors directement.

Bien sûr, les caméras multidirectionnelles qui ont capturé l’action n’apparaissent pas. Elles sont gommées pour laisser place à l’environnement.

La maison connectée semble avoir copié R2-D2 en terme de projection cinématographique
La maison connectée semble avoir copié R2-D2 en terme de projection cinématographique – © Lucasfilm

 

Pour les musées

Les plus de 60 000 musées existants dans 202 pays ne sont bien sûr pas (encore ?) visitables grâce à CLEO. Néanmoins, les partenariats se multiplient et en France une grande partie d’entre eux sont intégrés à l’application, dont ceux par exemple affiliés à la Réunions des Musées nationaux.

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Un exemple de visite virtuelle (ici au Louvre en 2015) où les possibilités d’actions et les informations sont limitées – © Musée du Louvre

 

Tous ces musées sont visitables gratuitement, le ministère de la Culture ayant lancé en 2020 le plan “Culture pour tous”, offrant aux supports numériques la diffusion gratuite des œuvres des musées. Il suffit de sélectionner le pays, la ville puis le musée que l’on souhaite découvrir. Une nouvelle option, accessible dans la version payante de CLEO, rend possible une visite en fonction de plusieurs critères comme par exemple la période artistique (Renaissance, Art Nouveau…) ou bien encore le style (Classique, Romantique, Abstrait…).

Julien, très au courant de ce genre d’innovation, m’a expliqué que les musées disponibles dans CLEO ont été numérisés à 360° grâce à des systèmes ressemblant aux voitures de Google qui déambulaient dans nos rues pour la création de Google Maps. Les capteurs ont ainsi permis de recréer l’espace à taille réelle des allées des musées. Mais le gros travail qui a été fait concerne les informations des œuvres. Il est maintenant possible de s’approcher d’une œuvre, d’en lire le traditionnel cartel mais aussi de la ‘toucher” pour ouvrir une fenêtre présentant des animations sur l’origine de l’œuvre et la scène qu’elle représente. Le fonctionnement selon les supports est le suivant :

Pour les maisons et lunettes connectées : il suffit de marcher librement pour découvrir en réalité augmentée les allées et les œuvres. Contraintes spatiales obligent, les possesseurs de ces deux technologies ne peuvent suivre qu’un chemin linéaire et ne peuvent évoluer que par sections dans les musées. Il est nécessaire de “toucher” du doigt la zone où l’on souhaite aller pour y accéder et pouvoir marcher quelques pas vers les œuvres.

Pour les tablettes : le principe est le même, à ceci près que l’utilisateur reste sur place et interagit avec la réalité augmentée située devant lui.

Pour les concerts

Comme je vous l’avais présenté au début de ce billet, l’application permet de vivre (ou  revivre) des concerts. Ils sont payants (quelques euros en moyenne) et restent accessibles dans la base de données sans limite de temps. Les concerts ainsi achetés restent dans votre catalogue. Le gros avantage qu’offre CLEO est de pouvoir vivre n’importe quel concert dans le monde, à n’importe quel moment et dans des conditions de confort optimales.

Exemple d'immersion au cœur de la foule, une possibilité offerte par CLEO
Exemple d’immersion au cœur de la foule lors d’un concert, une possibilité offerte par CLEO

 

L’expérience est quasiment la même quel que soit le support que l’on possède, mais présente néanmoins quelques différences :

Pour les maisons et lunettes connectées : dans une maison connectée, l’utilisateur-spectateur pourra se déplacer dans une zone limitée par l’espace de la pièce. Il pourra soit choisir de déambuler à travers la foule virtuelle, soit ignorer la présence de cette dernière s’il le souhaite. Il est à noter que tout déplacement en cas de sélection d’une place assise est plus limité, car ce n’est pas le principe. Ces déplacements limités valent aussi pour les lunettes, la différence étant que celles-ci offrent une expérience à hauteur d’œil – ce qui n’empêche pas de changer le regard de direction -, alors que la maison connectée offre la possibilité de suivre le concert comme si nous y étions, avec un environnement à 360° sans forcément regarder dans une direction précise.

Pour les tablettes : les déplacements dans l’espace ne changent rien, étant donné que c’est la projection en réalité augmentée au dessus de l’écran de la tablette (positionnée à l’horizontale) qui permet de vivre la scène. La qualité sonore ainsi que le rendu visuel sont en revanche nettement améliorés.

Voici pour les différentes activités culturelles qu’il est possible de vivre à distance grâce à CLEO. Mais avant de vous laisser espérer découvrir cette application un jour, je vais revenir sur les maisons connectées qui fleurissent un peu partout depuis quelques années. Le marché s’est longtemps cherché, l’informatique pour la maison était coûteuse, filaire et complexe. Mais nous avons désormais atteint une maturité technologique couplée à une maturité des consommateurs. Les usages se sont démocratisés avec des solutions simples et intuitives. Le smartphone est passé par là, simplifiant le contrôle des technologies du bout des doigts. Le tout accompagné d’un large déploiement de l’Internet très haut débit, permettant de contrôler l’intérieur de son salon partout, en 5G+. Récemment, les applications permettant de contrôler les maisons connectées se sont améliorées et offrent dorénavant de nombreuses options facilitant les tâches quotidiennes. Mais la maison connectée de mon maître de stage est encore mieux équipée ! Il a, pour optimiser la qualité de la réalité augmentée de CLEO, placé des baguettes numériques aux quatre coins de la pièce pour y projeter le contenu en 3D. Les enceintes intégrées complètent le dispositif pour une immersion totale. Si ces baguettes numériques sont devenues accessibles financièrement, rien ne dit que leur coût ne va pas augmenter face à la forte demande que risque d’engendrer l’application de la Cultural Digital Company.

"Hello, Smart Home"
« Hello, Smart Home »

 

Grâce à CLEO, c’est une grande partie des consommations culturelles qui vont être transformées. Regarder un film, visiter un musée et vivre (ou revivre) un concert à distance s’inscrit désormais pleinement dans une dimension techno-culturelle qui, en plus de proposer une expérience complète et totalement immersive, pourra contribuer au retour de l’intérêt des Français envers la culture. Un intérêt en constante baisse, comme l’indique le ministère de la Culture et du Patrimoine, qui constate au fur et à mesure de ses enquêtes sur les pratiques culturelles des Français une désaffection pour la plupart des formes d’expressions culturelles et artistiques.

Je vous retrouve le mois prochain pour mon prochain billet, qui concernera le nouveau projecteur holographique de Samsung : le SG Holo 20-35. D’ici là, portez-vous bien !

Gabriel De Rossi

Par Gabriel De Rossi

Billet du 15 février 2035 – 15h26

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En France, dans une banlieue pavillonnaire en 2035. Les institutions et réglementations ont opéré quelques changements après une prise de conscience progressive des individus et des décisions inédites de plusieurs gouvernements suite à la COP21 de 2015. Nous avons imaginé la journée type d’une mère de famille de 45 ans, gestionnaire du jardin potager partagé de son quartier, Cindy. La forme de notre article de blog prend celle d’une newsletter de la ville fictive, Villeneuve, où elle vit avec sa femme et leurs enfants Léa et Thomas. Cette newsletter annonce que c’est la famille I qui a remporté le prix de la maison de l’année 2035, car leur maison est un exemple d’ autonomie et de respect de l’environnement.

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La maison gagnante de 2035 !
La maison gagnante de 2035 !

Le 5 septembre, la mairie de Villeneuve a décerné le prix de la maison de l’année 2035 à Cindy I. et sa famille. Petite présentation de la gagnante :

Céline I
Cindy I

Cindy, 45 ans, bénévole au le jardin potager partagé de la Villeneuve, vit dans son pavillon avec sa femme Laetitia et leurs enfants Léa et Thomas. Elle a fait construire sa maison à la fois écologique et connectée il y a 5 ans par Monsieur Thomson ingénieur habitat chez Apple.

Cindy nous parle de sa maison 3.0

 

  • Avez vous toujours eu une sensibilité pour l’écologie ?

Non pas vraiment, pendant mon enfance on n’était pas « branché » écologie. Je faisais le minimum du tri, je fermais le robinet ou j’éteignais la lumière derrière moi mais ça n’allait pas plus loin que ça ( Enquête sur les attitudes et comportements écologiques des français en 2010) ! Mais maintenant j’ai changé, je sens que mes enfants sont beaucoup plus sensibles à ça. Dans ma vingtaine, je me suis rendue compte que même les gestes du quotidien et notre manière de vivre avaient un impact global. Contrairement à avant, ma conscience écologique n’est plus une contrainte mais s’est vraiment intégrée à ma vie. C’est tout notre environnement sociétal qui est devenu écolo et de fait, les gens.

  • En quoi peut-on qualifier votre maison de 3.0 ?

Notre maison est sans conteste une maison domotique ! Avec une seule application que l’on peut retrouver sur son téléphone, sa tablette, son ordinateur, ses lunettes Google, sa montre connectée… On peut non seulement fermer les volets, contrôler la température, allumer le four, programmer la télé mais aussi consulter la consommation d’eau, de déchets, le rendement de ses panneaux solaires… Nous avons ce qu’on appelle une IHouse ! Une maison intelligente, connectée, centralisée, presque comme un ordinateur.

PANNEAU
Application et image imaginées par nous-même

La domotique est devenue un incontournable pour avoir une meilleure gestion de ses déchets et de l’énergie. Ces nouveaux procédés installés chez nous nous permettent d’avoir une meilleure visibilité pour agir simplement pour des gestes écocitoyens sans même que l’on en soit conscient.

Le solaire photovoltaïque permet de produire de l’électricité alors que le solaire thermique permet de produire de la chaleur grâce au rayonnement du soleil.

source : www.panneausolairephotovoltaique.fr
source : www.panneausolairephotovoltaique.fr

Au delà de 23 degrés, la maison stockent l’énergie accumulées grâce aux capteurs solaires thermiques et l’utilise quand la température de la maison est sous 23 degrés. C’est nous qui choisissons quand déclencher le chauffage ou non et tout cela grâce à un thermostat intégré dans la maison. Même si nous habitons dans une région nuageuse ou pluvieuse, les rayons du soleil passent toujours et cela n’empêche en rien la production notre propre électricité. Les panneaux photovoltaïques installés sur les toits n’ont besoin d’aucun entretien mais il est préférable de vérifier de temps à autre sur l’onduleur et le compteur. (L’onduleur est ce qui permet de transformer le courant produit par des panneaux solaires en courant alternatif compatible avec le réseau électronique EDF.)

 panneaux solaire
panneaux solaire

Ils ne craignent ni l’orage, ni la neige car les matériaux utilisés ont été conçus pour résister aux fortes intempéries.

Nos panneaux sont garantis au minimum 25 ans.

L’énergie emmagasinée est stockée en un point commun (zone centralisée) situé au sous sol. On pourrait dire que c’est le cœur de la maison. C’est ici que l’énergie est redistribuée partout dans notre pavillon.

D’ailleurs depuis 2020, toutes les maisons construites doivent être dotées de toit photovoltaïque et solaire thermique. C’est une mesure qui a été prise après la COP21.

Douche infinie
Douche infinie installée chez Cindy

Il y a aussi l’eau qui est recyclée grâce à des nano-capteurs « invisibles » qui nous permettent d’économiser l’eau. Ils sont installés au cœur des canalisations pour détecter les éventuelles fuites d’eau. Ils sont capables de transmettre au terminal des infos concernant la variation de la consommation d’eau et des possibles fuites. Grâce à eux, on peut prendre ce que l’on appelle des douches infinies. Notre maison récupère l’eau en temps réel lors d’une douche pour éviter le gaspillage. Elle la recycle et la filtre presque instantanément. On utilise donc dix fois moins d’eau et d’énergie qu’une douche à « l’ancienne » (voir les chiffres recueillis par eaufrance). En plus, on peut en profiter et rester plus longtemps à se détendre sous l’eau chaude. Ce concept a été inventé par ingénieur finlandais de 29 ans à l’époque, Jason Selvarajan, qui l’avait présenté lors de la COP21 en 2015. Le même système est installé dans toute la maison en ce qui concerne la consommation d’eau. Donc la vaisselle, le jardinage, les robinets… Toute l’eau qui n’a pas été trop « polluée » est recyclée par notre maison.

 

schéma douche infinie

source : showerloop.org

 

poubelle connectée
poubelle connectée source : genican.com

Pour finir nous avons également notre poubelle qui dispose de capteurs. C’est grâce à la chaleur dégagée par les déchets organiques que la maison et plus particulièrement, la poubelle, sait quand il y a suffisamment d’énergie pour qu’elle soit repartie dans notre pavillon (en général de l’ordre de 2 à 3 jours). C’est grâce au méthane dégagé que l’on obtient du biogaz (par la combustion du méthane dans des moteurs thermiques). Le bio gaz est un gaz naturel et donc non polluant. Nos poubelles sont aussi dotées, je vous rassure, de contenant hermétique, qui permet de retenir les fortes odeurs.

Ainsi sur nos écrans, il est affiché le poids des déchets présents, l’équivalent en carburant pour la voiture (X kilos = X litres de carburant = X temps d’autonomie). Notre voiture Google est une voiture à recyclage. Elle n’a plus besoin d’électricité ou d’essence, elle fonctionne uniquement avec les déchets générés par les membres de la famille : textiles, alimentaires, emballages : tout est un carburant potentiel pour gérer de l’énergie pour la voiture.

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La voiture Google en 2015
Les voitures Google de 2035 peuvent avoir le design que l'on souhaite.
Les voitures Google de 2035 peuvent avoir le design que l’on souhaite. Une Delorean pour les fans de Retour vers le futur !

 

 

 

 

 

 

 

 

  • En quoi la maison de votre enfance est-elle différente de la maison de vos enfants?

Déjà aujourd’hui ma maison est entièrement connectée. Quand j’étais petite mes parents se rendaient compte de ce qu’ils avaient consommé grâce à la facture EDF qui d’ailleurs n’existe même plus. (Vous pouvez consulter les objectifs de développement de EDF pour 2030). Maintenant tout est immédiat, on se rend compte de nos dépenses énergétiques en direct et du gaspillage qu’on peut faire. Tout est plus immédiat et cela permet de se rendre compte de l’impact positif et négatif que l’on peut avoir sur la planète. Apple l’a bien compris et c’est pour cela qu’elle a construit autant de maisons aujourd’hui et Google s’est imposé sur le marché de l’automobile avec son idée novatrice !

  • La maison 3.0 est-elle un modèle idéal pour y élever une famille ?

Oui, parce qu’elle permet de vivre de façon civique et juste, sans être un citoyen trop polluant. Nos enfants ont pris conscience de leur impact sur la terre depuis tout petit mais sans que cela les empêche de pouvoir vivre leur enfance tranquillement. On pourrait presque dire qu’ils ont une sensibilité écologique presque « innée ». (Vous pouvez consulter l’étude du Crédoc sur les intentions écologiques des français en 2011). C’est ancré dans leur mode de vie, ils ne réfléchissent pas à « est-ce que je pollue là ? ». C’est la maison qui signale si il y a un excès. Et franchement, ça n’arrive pas souvent, surtout de la part des enfants. Ils ont un comportement très citoyen sans qu’on les tannent avec une certaine attitude à avoir. C’est surtout en ça qu’ils sont très différents de moi enfant. Moi, je voulais être écologique mais parfois c’était pénible alors je jetais l’éponge. Notre maison leur inculque l’écologie, l’attitude citoyenne sans que cela représente une contrainte pour eux.

Le jardin potagé de Villeneuve
Le jardin potager de Villeneuve

L’ AVIS DE L’ INGÉNIEUR URBANISME DE VILLENEUVE

Monsieur X
Monsieur Henri

Ce nouveau type de maison écologique qui a commencé à voir le jour dès les années 2015 est maintenant plus répandu. Elle regroupe technologie et écologie, c’est le modèle parfait pour préserver l’environnement et qualité de vie. De plus, cette maison connectée peut être comparée à un organisme: on doit la nourrir avec différentes formes d’énergie. Notamment avec les déchets organiques dit fermentescibles que l’on dépose dans la poubelle ou encore avec les panneaux solaires qui captent l’énergie des photons.  Tout cela géré depuis des bases de données qui renvoient l’information sous une forme beaucoup plus simpliste.  Je pourrais dire que c’est la maison idéale !

Si vous aussi vous pensez que votre maison peut remporter le prix de la Maison de l’Année, n’hésitez pas à vous inscrire dès maintenant pour l’année 2036 en mairie ou en cliquant sur  formulaire en ligne  !


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Nous sommes en 2035 et l’histoire que nous allons vous raconter est celle de Gallya, une jeune femme incarcérée depuis 2015. Tout au long de son incarcération elle parvient à tenir scrupuleusement son journal intime qui nous en apprendra d’avantage sur ses conditions de vie ces 20 dernières années au sein de Carcérocity.

LE SYSTÈME CARCÉRAL en 2015

24 octobre 2015 – « Cher journal, accusée de double homicide volontaire je me retrouve entre quatre murs. Je suis coupable du meurtre de mon beau père. Il battait ma mère depuis des années et a fini par la tuer. J’ai tenté de la défendre mais j’étais trop faible. Il a essayé de s’en prendre à moi, son arme de service était posée sur la table… Je ne voulais pas l’abattre, mais je devais me protéger. Je me sentais démunie, il a tué ma mère, ma seule famille. Je n’ai plus personne. Mes amis ont tous disparu… Après tout, il paraît que je suis un danger. La sentence est tombée, je suis condamnée à 30 ans de prison. Nous sommes entassés les uns sur les autres, il fait froid, tout est sombre. Je crois que l’air traverse les murs. L’éclairage et les prises de courant fonctionnent une fois sur deux, l’interphone d’urgence lui, ne fonctionne pas du tout. Et je ne parle même pas des douches communes. Quatre ou cinq douches sur dix fonctionnent.« 

Extraits de la série Shameless US, des documentaires Nancy Grace Goes Behind Bars et Lockdown, © Showtime, HLNTV, National Geographic

Le système carcéral en 2015 était confronté à certains problèmes majeurs liés à la surpopulation et à l’hygiène, mais aussi au manque de personnel et de formations. Selon un rapport législatif publié par l’Assemblée Nationale le 8 octobre 2015, les 187 prisons françaises comptaient 66 864 individus détenus pour 57 759 places. Le taux d’occupation dans les maisons d’arrêts s’élevait en moyenne à 134%. Le nombre de places de prison manquantes pouvait être estimé à au moins 20 000. On constate que la France a souvent eu recours à des condamnations liés aux non respect des règles d’hygiène. Après avoir été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 2009 concernant ses conditions de détentions à la maison d’arrêt de Nancy, la France est une fois de plus montrée du doigt par le photographe Grégoire KORGANOW, qui dresse un constat effroyable sur les conditions de vie des détenus de la prison des Baumettes à Marseille.

Le photographe Grégoire Korganow a accompagné le Contrôleur général des lieux de privation de liberté à la prison des Baumettes, à Marseille.
Le photographe Grégoire Korganow a accompagné le Contrôleur général des lieux de privation de liberté à la prison des Baumettes, à Marseille.

20 janvier 2018 – « Cher journal je viens d’apprendre que je vais être transférée dans une nouvelle prison. Les travaux à Carcérocity sont maintenant terminés. Tous les prisonniers vont être déportés dans cette nouvelle ville spécialement conçue pour les prisonniers. Elle est éloignée de toute civilisation. Je suis dans le bus, je ne suis pas du tout à l’aise dans ma combinaison, je n’ai que mes pieds menottés, je profite de l’occasion pour t’écrire. Je m’éloigne de plus en plus de la ville, il n’y a pratiquement plus rien autour de moi… Je ne distingue que de vastes champs et la route de campagne cabossée que nous empruntons me fait rebondir sans arrêts. Je vais devoir te laisser, je n’arrive plus à écrire, je commence à être malade avec tous ces virages. À bientôt mon journal, tu es à présent le seul lien qui me reste. »

Extraits de la série américaine Shameless (John Wells Productions), saison 4, épisodes 6 et 11, © Showtime

LE FONCTIONNEMENT DE CARCEROCITY

21 janvier 2018 – « Cher journal, je suis arrivée à Carcerocity. La ville est inexistante. Il n’y a que des champs autour de moi, la prison est immense. Ma tenue est orange comme tous les autres détenus. On dirait une secte habillées comme ça. »

Face au surpeuplement des prisons, le gouvernement a du trouver une solution rapide à mettre en place et efficace sur le long terme. Les campagnes désertes, les champs inexploités et les no man’s land  constituaient le terrain parfait pour construite la plus grande prison jamais vue : Carcerocity. Construire un village de prisonniers avec de grandes capacités d’extension a été le projet le plus ambitieux en matière de constructions carcérales. Plus qu’un projet architecturale de grande ampleur, le but de Carcerocity était de construire une ville autosuffisante pouvant aisément couper tout lien avec le reste de la civilisation.

13 mars 2020 – « Cher journal, je t’ai abandonné pendant longtemps… Je dois être prudente, si ils te découvrent ils te détruiront. Je suis arrivée depuis deux ans. Je suis dans le quartier de haute sécurité et ma cellule est minuscule. Il n’y a personne autour de moi. Je suis dans un quatre mètres carrés. Les dames de la sécurité ont enregistré mon empreinte digitale qui me permet d’entrer et sortir de ma cellule. Cela me fait penser au pointage qui avait lieu dans les usines autrefois. Ainsi tous mes faits et gestes sont contrôlés. Je n’ai pas droit aux balades quotidiennes et je ne partage pas mes repas avec les autres détenus. J’ai aussi remarqué que la prison était divisée en deux. J’ai encore du mal à m’y habituer…« 

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Photo Synthèse de la future Prison de Beauvais crédit photo- S.C Batiactu

Imaginez une prison, battit à l’échelle d’une ville délimitée par des murs en béton, régie par la robotique et contrôlée par des drones. Carcérocity est le résultat de la surpopulation que les prisons ont connu ces 20 dernières années. Un système carcéral basé sur le contrôle des individus rendu possible par l’évolution des nouvelles technologies.

Bande annonce du Film Fortress réalisé par Stuart Gordon en 1993

Carcérocity est divisée en deux grandes parties distinctes. Les courtes peines où les visites régulières des proches sont autorisées occupent la partie Ouest de la prison.  Les détenus sont deux par cellules et travaillent dans le secteur agricole et dans l’entretien. Les peines lourdes dont Gallya fait partie sont placées dans l’aile Est. Les visites n’y sont pas acceptées, les détenus sont seuls dans leurs cellules. Leurs plateaux repas leur sont distribués via un système de trappe de sorte qu’ils n’ont aucun contact avec les surveillants. Leurs cellules sont appareillées d’une douche, d’une toilette et d’un lit. La journée, les détenus  effectuent des travaux à la chaine dans les usines placées autour de la prison. Ils ne parlent à personne, ont chacun leurs tâches quotidiennes à effectuer, et ne doivent même pas se regarder.  Ces détenus sont seuls et ne peuvent posséder aucun objet personnel. Gallya a réussi à récupérer quelques feuilles et un stylo pour continuer la rédaction de son journal, seul moment de distraction de sa journée, et seul moyen de communication. Ce moment de répit quotidien est devenu pour elle l’unique but de sa journée, un échappatoire nécessaire à son bien être. 

24 avril 2021 – « Cher journal, aujourd’hui je travaille. Il y a une usine tout en bas qui traite les eaux usées. Le travail à la chaîne à une grande importance dans mon secteur. J’ai des horaires à respecter pour le réveil, le déjeuner, la pause ainsi que le dîner. Les gens ne parlent pas entre eux, je me sens vraiment seule. C’est l’heure de ma pause déjeuner, je dois m’isoler dans ma cellule pour manger seule, les gens autour de moi sont semblables à des machines, ils ont tous des gestes répétitifs et ne montrent aucune émotion. « 

Les détenus sont contrôlés une fois par mois à l’aide de tests physiques et psychologiques pour déterminer leurs états mentaux et leurs conditions. Cette série de tests tient lieu de suivi psychologique et permet de les cerner et de déterminer leur niveau de criminalité et leur évolution au fil des mois. Ce contrôle mensuel représente la seule aide médicale à laquelle les détenus ont accès. À l’aide capteurs sensoriels, de lunettes à réalité augmentés et de questionnaires, les détenus sont mit dans des situations à risque et leur capacité à se maitriser et à réagir positivement constituent une grande partie des résultats pris en compte. À l’issue de cette série de tests qui occupe une majeur partie de la journée, un bilan complet de santé est dressé pour chacun des prisonniers ce qui détermine la suite de leur vie en prison.

30 octobre 2029 – « Aujourd’hui je suis convoquée. J’ai réussi les tests. Je ne sais pas encore ce que cela signifie. Tous ces tests me déplaisent, j’ai l’impression d’être un animal analysé dans un laboratoire. Je préférerais parler à quelqu’un… Je ne me souviens plus de la sensation procurée par une conversation. Est-ce que je serais encore capable de discuter avec quelqu’un ? J’appréhende le jour de ma libération et le retour à la vie réelle.  » 

LA REINSERTION

2 septembre 2035 – « Cher journal ! Je suis apte à quitter la prison ! Je n’en reviens pas ! J’ai réussi tous les tests depuis le début ! A l’issu de mon dernier test mensuel, j’ai été déclarée apte à être réinsérée dans le monde. La date de ma libération est établie, dans une semaine je quitte les lieux. Je vais être transférée dans un secteur plus libre, je pourrais côtoyer les autres détenus, leur parler et voir la couleur du ciel. Je suis tellement contente et excitée ! »

Les détenus parvenant à réussir positivement cinq tests d’affilé sur une période limitée dans le temps obtiennent un laisser passer vers la liberté et un raccourcissement de leur peine. Avant d’être relâchés dans la nature, ils sont envoyés une semaine dans l’aile des peines courtes afin de procéder à leur sociabilisation. Sans suivi particulier, ils sont mêlés à d’autres détenus, partageant leur repas, leurs journées de travail et leurs cellules. Après des années d’isolement total, ils doivent réapprendre à vivre en communauté, à dialoguer et à adopter un comportement jugé normal. 

 4 septembre 2035 – « Dans quelques jours, je retournerais à Paris. Je ne sais où je vais aller ni ce que je vais faire. Je serais constamment surveillée, on m’installera des lentilles munies d’une webcam pour savoir en permanence ce que je verrais, une puce thermomètre permettant de mesurer au degré près mon état d’instabilité et mes changements d’humeurs et un drone me suivant en permanence pour me géo localiser à chaque instant. J’ai peur de déraper. J’ai l’impression d’être un cobaye et de n’avoir droit à aucun faux pas. « 

Extrait de la série américaine Shameless (John Wells Productions), saison 4, épisode 6, © Showtime

7 septembre 2035 – « Mon cher journal, demain je serai enfin libre, j’ai un peu peur, je ne sais pas à quoi ressemble la vie réelle après toutes ces années enfermées. Je termine aujourd’hui ma semaine de sociabilisation pour apprendre à me comporter normalement en présence d’autres individus. J’essaie de me comporter normalement et de copier au détail près les réactions de mes co-détenus. « 

8 septembre 2035 – « Cher journal, je vais à Paris. Je porte des lentilles et je suis tatouée d’un code barre qui permettra d’accéder à mon dossier. Je suis comme marquée au fer rouge, tout le monde va remarquer que je suis une ancienne détenue. Les gens que je rencontrerais vont-ils bien vouloir me parler? Je n’ai pas de famille, pas d’amis, aucune ressource. Je suis livrée à moi-même, j’ai peur de tout rater »

C’est donc à l’issu de vingt ans d’emprisonnement que Gallya a été envoyée à Paris sans ressources financières, sans famille, sans aucun ami, sans profession mais pourvue d’une surveillance 2.0 sans faille.

L’état Français a accordé à la jeune femme une place dans un foyer durant un mois ainsi qu’une aide financière. À l’issue de cette période, Gallya devra se débrouiller par ses propres moyens, posséder un travail et un logement. Le chômage est en hausse perpétuelle et malgré leurs quotas à respecter, les entreprises possèdent peu de postes vacants. 

10 novembre 2035 – « Cher journal, ce jour marque le début de ma nouvelle vie. Je viens de décrocher un travail de serveuse dans une brasserie. J’espère réussir ma période d’essai, mon patron m’a dit qu’il appliquerait la tolérance zéro. J’ai fini par m’habituer au bruit du drone au dessus de ma tête et aujourd’hui j’ai ri. Je ne me souvenais plus de cette sensation. Peut-être que je commence à être heureuse. Je vais arrêter de t’écrire maintenant et je ne reviendrais plus. Je veux laisser mon ancienne vie derrière moi et tu en fais partie. Adieu fidèle compagnon et merci pour ton soutien. »

Capture d’écran (123)Capture ShamelessImages issues de la série américaine Shameless (John Wells Productions), saison 5, épisode 1, © Showtime

 

 

 

Paris va bien changer dans les années à venir. Dans 20 ans, les Technologies de l’Information et de la Communication se seront développées dans toutes les sphères de la vie privée et publique, et également dans les transports. Suite à l’expansion de la métropole et le développement d’un réseau de transport en commun connecté, une nouvelle application a vu le jour : Moovfast. Kylian, jeune entrepreneur, l’utilise quotidiennement. 

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Les Champs-Elysées en 2025 selon l’architecte Jean-Paul Viguier

 

Imaginez Paris dans 20 ans 

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La métropole du grand Paris en 2035 imaginée par France Culture.

Kylian habite Paris Saint-Ouen, il travaille dans le Grand Paris, une métropole de 7 millions d’habitants, qui a absorbé la petite couronne (Haut de Seine, Seine Saint Denis et Val de Marne). Il se déplace en transports en commun à l’aide d’une application. Il a rangé sa voiture depuis longtemps. Le réseau Ratp est très développé : de plus en plus de monde l’utilise. Aujourd’hui il comporte 18 lignes de métro, 6 tramways, 7 lignes de Rer, ce qui permet aux usagers de se déplacer plus facilement. De Clichy à Nanterre il ne faut plus qu’une dizaine de minutes, sans avoir à traverser le centre de la métropole. Versailles quant à elle, n’est plus qu’à 20 minutes de Saint-Denis grâce à un tramway dernière génération qui se recharge en tant réel grâce aux panneaux solaires situés sur son toit. Le dispositif Ratp est aussi devenu plus intelligent, il allie nouvelles technologies, big data, et dispose de plus de liberté pour se développer, puisque les voitures sont moins présentes en centre ville. Les smart-cars, et autres véhicules contemporains auto-régulent la circulation. Ils sont bien plus adaptés à l’environnement urbain, et constituent le décor d’une nouvelle époque. Le projet du grand Paris a porté ses fruits. Tout ceci a également attiré des entreprises du monde entier, Samsung par exemple, y a même installé son siège. Mais la modernité impacte aussi les logements qui deviennent de plus en plus cher. La taxe d’habitation est de 2000€ pour un 60 m². Trouver un logement décent contraint une partie de la population à s’installer dans la nouvelle banlieue, au delà des limites de la nouvelle ville dans les Yvelines ou en Seine-et-Marne. En dehors du Grand Paris, il existe très peu de transports en commun et des problèmes de sécurités importants persistent. Ce qui est l’objet de nombreuses réunions entre le Maire de Paris Nicolas Noireau et les élus des départements voisins, qui demandent des compensations financières. Malgré tout, Paris est prospère et a réussi sa mutation de capitale phare du 21ème siècle.

 Trait pour Trait de Stéphane Robert le 14/03/2014.

 

Kylian, un jeune entrepreneur connecté

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Kylian, sortant de chez lui.

Kylian, 29 ans, habite Saint Ouen, dans le 17ème arrondissement au nord rattaché a Paris depuis 2023. Il vit dans un loft avec sa copine Inès qui est également son associée. Il l’a rencontrée lors de ses études. Il a obtenu son diplôme d’ingénieur en 2030 après avoir suivi une formation en vente, pour enfin monter son entreprise en 2034. Il travaille dans le secteur des services de ventes à domicile, et il organise des réunions afin de vendre ses produits connectés. Originaire de la Meuse et fils d’agriculteur, Kylian a découvert durant ses études le développement et l’apport des transports en commun, qu’il utilise quotidiennement dans le monde professionnel et privé. Le jeune entrepreneur a créé son propre site pour faire connaître les produits qu’il vend. Chaque matin, il prépare ses produits (hauts de gamme) qu’il présentera sur RDV tous les jours à partir de 14h, sauf le dimanche. Il travaille également sur l’image de la marque chez lui, siège de son entreprise. Pour se déplacer il utilise une application dernier cri qui se charge de lui tracer son parcours en mélangeant divers transports en commun. Kylian se consacre a 100% dans son entreprise, il faut dire qu’il est passionné de nouvelles technologies. Il a reçu de nombreux prix grâce à de petites créations qu’il a conçues durant sa scolarité, dont le tupperware connecté qui lui a fait remporter un prix d’innovation.

 

Une application connectée au réseau de transport

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Les utilisateurs qui accèdent au métro grâce à leur Smartphone.

En 2035, les franciliens ont l’habitude d’utiliser l’application Moovfast pour se déplacer. Celle-ci regroupe tout les types de transports, afin d’amener l’usager à sa destination. L’application permet en outre la localisation des métros et bus en temps réel. Elle permet également de localiser des covoitureurs aux alentours, une fonctionnalité inspirée d’une application très populaire du début du siècle : Uber. Si votre budget vous le permet, l’application propose aussi de commander un taxi smartcar. De manière ludique, l’application permet, grâce à l’autorisation du partage de ses données de géolocalisation, de retrouver facilement ses amis, en proposant le trajet le plus court afin de les rejoindre. L’engouement pour l’écoute de musique dans les transports en commun a été brillamment introduite au sein même de l’application, qui propose de la musique en streaming à l’utilisateur, s’adaptant à ses goûts. La musique s’adapte également au temps du trajet, en proposant des morceaux ou des podcasts qui s’arrêtent a l’instant où l’utilisateur arrive à destination. Plus question de rater son arrêt grâce à cette fonctionnalité, puisque le support audio de l’application livres les informations importantes en prenant le dessus sur la musique diffusée, par exemple en cas de retard d’un métro ou encore à l’arrivée dans une station.

 

Vidéo : La journée type de Kylian en 2035