Article original : Marine Albarede, « Consommation Collaborative : l’enjeu du financement et de la gouvernance« , InternetActu, 21/04/2015

Éditorialisation: Meryem B, Bassira C, Alexis B


Consommation collaborative : Seriez-vous prêt à vous lancer ?

 En France, la consommation collaborative connaît une place de plus en plus imposante et les français ne rechignent pas avoir recours à cette pratique apparue ces dernières années. La première partie de cette article issue d’InternetActu, tisse le lien entre l’aspect coopératif et économique de ce modèle. La consommation collaborative prend de plus en plus de place dans notre société, se questionner sur l’avenir, les succès et échecs de ce système en devient primordial. L’enjeu serait pour ce système de gagner en coopération, à travers des circuits alternatifs de financement et de gouvernance.

 

La consommation collaborative recouvre des initiatives et projets divers ; elle propose des services pairs à pairs qui mettent en relation directement les individus entre eux, mais aussi d’autres dans lesquels les particuliers s’organisent pour la gestion de ressources communes. Les questions de la gouvernance et de la répartition de la valeur,… au sein de ces initiatives auraient pu rester non posées, mais les craintes de voir les grandes plateformes de la consommation collaborative concentrer toujours plus de valeurs sans que les usagers n’aient leur mot à dire amènent à s’interroger sur les modèles à l’oeuvre.

Dans ce paysage collaboratif, les exemples d’initiatives plus modestes (proches de l’Economie sociale et solidaire (ESS), du type AMAP, SEL, mais aussi des supermarchés coopératifs…) ayant instauré un mode de fonctionnement coopératif ne manquent pas ; et si c’était dans ces principes de gouvernance, valeur, expérience… plus partagées que la consommation collaborative pouvait pleinement s’épanouir ?

Vidéo Youtube : Netinvestissement.fr / BFM Business,  14 Mars 2014

QU’EST-CE-QUE LE CROWDFUNDING ? Le financement participatif, ou crowdfunding  («  financement par la foule ») est un mécanisme qui permet de collecter les apports financiers – généralement des petits montants -d’un grand nombre de particuliers au moyen d’une plateforme sur internet  – en vue de financer un projet. Deux parties sont mises en présence : l’épargnant qui souhaite investir une certaine somme d’argent dans un projet auquel il croit et le porteur de ce projet qui ne possède pas les fonds nécessaires pour le mettre en œuvre. L’un et l’autre se rencontrent sur internet via une plateforme dédiée : Les projets sont présentés par leurs porteurs et les épargnants choisissent de financer ceux qui les intéressent à hauteur de ce qu’ils souhaitent investir. Plusieurs  modalités  de financement participatif existent: le don (avec ou sans contrepartie), le prêt (avec ou sans intérêts) et l’investissement en capital. (source : www.entreprises.gouv.fr)

Doit-on encourager la consommation collaborative ? 


La consommation collaborative ne se résume pas à une « uberisation » économique. 

campagne de publicité de la société UBER, rentrée 2016
campagne de publicité de la société UBER, rentrée 2016

Pour beaucoup de monde (et de média…), la consommation collaborative est surtout représentée par les grandes plateformes que sont Airbnb, BlablaCar, Uber [1],… Dans les faits, ces grands exemples régulièrement cités ne sont que l’arbre qui cache la forêt d’un paysage très divers et en mouvement. Des modèles marchands cohabitent avec du non-marchand, des services ou plateformes locaux avec des services déterritorialisés ou agissant à des échelles différentes,… Bien sûr, toutes les initiatives de consommation collaborative ne visent pas à croître de façon exponentielle ni à passer à l’échelle (ce n’est par exemple pas du tout l’objectif d’initiatives hyperlocales type SELs, AMAPS, etc.). Mais chaque jour voit le lancement de plusieurs startups de la consommation collaborative dont toutes ne réussiront pas à s’imposer durablement dans le paysage, et le taux de mortalité de ces initiatives reste élevé. Le modèle de développement des Airbnb, BlablaCar et autres, que beaucoup prennent en exemple, est-il systématiquement à suivre ? Au-delà du fait qu’il sera dans les faits difficile à suivre pour la plupart des plateformes/services, dont la proposition de valeur n’est pas toujours claire et qui arrivent sur un marché déjà encombré, ce modèle interroge. 

dessin proposé par : http://manosque.cartridgeworld.fr/
dessin proposé par : manosque.cartridgeworld.fr

Valeurs et partage : les fondements du financement collaboratif

Les critiques qui voient le jour autour de l’évolution de ces plateformes, émanant d’utilisateurs de la première heure, mettent le doigt sur un des problèmes : les utilisateurs, qui contribuent pourtant aux services en proposant leurs véhicules, leurs services, leurs logements, leur « force de travail »… n’ont pas (ou peu) leur mot à dire quant à l’évolution des services. 

Dessin de Jean-Jacques Beltramo, dessinateur de presse

« Passage au mode payant de Blablacar, le début de la fin pour le covoiturage ![ …] Côté chiffres, il n’y a rien à dire, en opérant ce virage à 360°, le site a vu exploser son nombre d’inscrits et par là même son chiffre d’affaires. Mais en gagnant des inscrits, le site et son équipe en ont perdu les fondements du covoiturage, basé sur la confiance d’autrui et le partage.[ …] avec plusieurs millions d’utilisateurs, d’autres moyens sont possibles pour la monétisation d’un modèle comme Covoiturage.fr, sans pour autant passer par une taxation systématique du voyage [ …] Le covoiturage n’est plus social, il est purement économique » estime un covoitureur de la première heure.

En somme, l’expérience devient déceptive. En laissant place au service, le sentiment d’appartenance s’estompe, et la valeur semble toujours plus concentrée…

Les modèles d’une économie fonctionnant grâce aux contributions de ses utilisateurs peuvent-ils continuer à se développer de la même façon que ceux de l’économie traditionnelle, en n’associant pas les utilisateurs et clients à la décision ? La question agite certains usagers et acteurs de la consommation collaborative. Et il nous semble également que c’est un défi à relever pour que l’économie collaborative ne sombre pas dans l’économie à la demande.

Le financement, nœud du problème.

Les startups de la consommation collaborative semblent prises dans une sorte d’engrenage quasi infernal : leur trajectoire de financement et de développement (comme pour les startups plus globalement) les pousse à une croissance rapide. Les objectifs, la promesse de valeur économique doivent être ambitieux à court terme, pour que celles-ci trouvent les financements nécessaires auprès des Business Angels et Venture Capitalists, qui escomptent un retour sur investissement important. La croissance des services se fait ainsi parfois au détriment des utilisateurs, qui ne sont pas associés à la décision (par exemple aux modifications des conditions d’utilisation, fréquentes) dans un souci de ne pas ralentir la croissance de la startup. La réflexion sur le partage de la valeur et la conservation d’une véritable expérience collaborative, lorsque le service se développe, sont souvent un peu vite occultées.


La pratique doit prendre une forme nouvelle.

baromètre 2015 du financement participatif en France, édité par financeparticipative.org
baromètre 2015 du financement participatif en France, édité par financeparticipative.org

Alors qu’une grande partie des consommateurs collaboratifs déclare « rechercher du sens » avec ces modes de consommation, avec pour certains une envie de s’impliquer d’une manière plus active, l’expérience de consommation proposée par les startups de l’économie à la demande n’est pas fondamentalement différente de celle proposée par l’économie traditionnelle – si ce n’est que le service est assuré par d’autres particuliers au lieu d’une organisation. Les consommateurs-contributeurs commencent eux aussi à faire part de leur mécontentement : en mai 2014, une « centaine de chauffeurs d’Uber a manifesté devant le siège de l’entreprise à San Francisco [ …] contre les fluctuations de tarifs que décide unilatéralement la société dans la plus grande opacité, contre l’absence d’écoute de leurs besoins et contre les menaces face à toute mauvaise note reçue d’un passager qui peut les faire exclure du service… ». Certes, il s’agit avec Uber de professionnels indépendants, et pas tout à fait de consommation collaborative (autre exemple, la revendication collective de travailleurs du Mechanikal Turk d’Amazon fin 2014) mais l’exemple est également révélateur de la tension existante entre des modèles distribués, dans lesquels la décision et la gouvernance ne sont pas partagées.

De tels modèles pourraient même s’avérer plus risqués à terme : « vous ne pouvez pas vraiment remédier aux problèmes économiques d’aujourd’hui en utilisant les mêmes structures d’entreprises qui ont créé les problèmes économiques que l’on connaît », souligne Janelle Orsi pour Shareable, expliquant qu’en raison de leur mode de gouvernance et de propriété, les Airbnb, TaskRabbit et autres pourraient être rachetés par des organisations encore plus centralisées, qui se soucieront encore moins de leurs utilisateurs.

Dans ce contexte, réinventer les structures et les trajectoires de développement des entreprises collaboratives – ou en inventer de nouvelles, plus “coopératives” et moins “capitalistiques” est une transformation nécessaire porteuse d’enjeux forts : mettre en adéquation projet économique et projet social, réaffirmer des principes forts (expérience, appartenance à une communauté,…) de l’économie collaborative et ne pas tomber dans l’économie “à la demande”, éviter les débordements d’utilisateurs, favoriser la diversité et l’implication des citoyens (là encore nécessaire pour un projet collaboratif !), faciliter les évolutions du projet… Peut-on s’inspirer de modèles de gouvernance plus partagée, où la redistribution de la valeur aux utilisateurs est un véritable enjeu, pour imaginer autre chose ? Comment les principes du modèle coopératif par exemple, présent depuis longtemps dans l’ESS, associant valeurs de solidarité et de démocratie, peuvent-ils être explorés et adaptés à la consommation collaborative ?

En réalité il existe déjà d’autres modalités de financement moins centralisées : crowdfunding , equity crowdfunding  (qui permet à un entrepreneur de lever des fonds auprès de particuliers qui investissent en échange d’actions),… dont se saisissent déjà régulièrement les acteurs de la consommation collaborative, quels que soient leur mode de gouvernance et leurs principes. La Louve, supermarché coopératif qui devrait bientôt voir le jour à Paris, y a par exemple levé une part importante de ses financements. Mais on pourrait aussi imaginer le développement de fonds d’investissement, privés ou publics, ou de conseils, spécialisés dans l’accompagnement de ce type de projets.




Pearltrees : Consommation collaborative

Consommation collaborative, par consommationcollab


[1] « Uber, anciennement UberCab, est une entreprise technologique américaine qui développe et exploite des applications mobiles de mise en contact d’utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport. » De l’utilisation exponentielle de l’application est née l’expression « ubérisation » = économie liée à la pratique numérique mobile.

Salut à tous mes chers techno-addicts ! Je suis content de vous écrire ce nouveau billet de blog pour vous présenter une découverte que j’ai faite il y a quelques jours : l’application CLEO ! Vous vous demandez ce que c’est ? Eh bien figurez-vous que je l’ai découverte chez mon maître de stage et que ça révolutionne radicalement notre manière de regarder un concert, un film et même de visiter les musées. Je sais que j’ai attisé votre curiosité, je vais tout vous expliquer !

Je vous avais écrit la dernière fois pour vous présenter l’entreprise dans laquelle j’effectue mon nouveau stage. Je tiens à vous dire que mon stage se passe très bien pour le moment, que Hologram Inc. est une entreprise pleine d’avenir et que le service dans lequel je suis – le pôle Imagerie digitale – me permet réellement de mettre en application les connaissances et les compétences de mon Master 2 en Sciences de l’Ingénierie en images numériques. Il me reste environ cinq mois dans ce pôle avant de pouvoir, je l’espère, valider mon diplôme. Voilà pour mon quotidien. Mais si je vous écris aujourd’hui c’est, comme je vous l’ai annoncé, pour vous présenter une application que j’ai eu la chance de découvrir chez mon maître de stage Julien : l’application CLEO. Je trouve d’ailleurs que c’est un nom assez amusant pour une application révolutionnaire qui modifie notre manière de vivre la culture !

Logo de l'application CLEO
Logo de l’application CLEO – © CDC

 

Nous avons l’habitude, depuis maintenant environ 25 ans, de vivre différentes scènes grâce aux Oculus. Les jeux vidéos, les visites de musées, les films “comme si vous y étiez”… J’avais obtenu le mien il y a six ans et je dois bien reconnaître qu’il y a eu de grands changements depuis, entre l’amélioration du design et de l’ergonomie, les ajustements visuels – possibilités d’ajustement des lentilles -, ainsi que l’ajout du son qui favorise l’immersion dans un environnement de réalité virtuelle. Il en avait coûté à l’époque à mes parents une bonne centaine d’euros, un prix qui est resté stable. Mais ces évolutions risquent de ne pas peser lourd face à CLEO.

Le plus récent Oculus, l'Oculus G25
Le plus récent Oculus, le G25 – © Oculus

 

C’est chez Julien que je l’ai découverte. Il y a trois jours, il m’a proposé d’aller chez lui après le travail pour suivre en direct le concert anniversaire du groupe Linkin Park car nous en sommes tous les deux fans inconditionnels. Je pensais alors que nous allions les suivre soit à la télévision soit grâce à nos Oculus connectés. Mais juste avant de partir, Julien m’a dit de laisser le mien au bureau car nous n’en n’aurions pas besoin. Sans pour autant me dire ce qui le remplacerai, ce n’est qu’une fois arrivé chez lui que j’ai découvert une nouvelle technologie qui jusque là n’était présentée que dans les magazines spécialisés, et qui nous a permis de vivre le concert depuis son canapé et dans son salon qui pour l’occasion devenait un espace en totale immersion : nous étions au cœur de la foule. Choix de l’emplacement vis-à-vis de la scène, volume sonore de la musique, contraste réglable entre la musique et le bruit de la foule… Tout était programmable pour assurer la meilleure expérience possible. Il suffisait juste de plonger la pièce dans le noir, d’allumer les poutres holographiques connectées de la pièce, de lancer l’application et de faire notre choix d’événement pour que tout l’environnement prenne vie en réalité augmentée. Les trois heures de show furent vécues quasiment aussi bien que si nous y étions. Incroyable ! Je ne pouvais pas, à la fin du concert, ne pas en demander plus à Julien sur CLEO. Il m’a alors tout expliqué.

CLEO – Cultural Life Experience Optimized – est un programme que l’on peut installer sur différents supports, aussi bien dans sa maison connectée que sur ses lunettes à réalité virtuelle, son smartphone et autres.

Fonction/Qu’est-ce que c’est ?

Il permet de consommer des produits culturels à n’importe quel moment, n’importe où, comme si nous y étions. L’application s’adapte au support sur lequel elle est utilisée. Bien sûr, ce support influe sur l’immersion possible : l’exploiter dans une maison connectée garantira une immersion totale. Une exploitation sur lunettes connectées offrira une immersion complète également, mais ne pourra pas être partagée par plusieurs, contraintes techniques obligent. Enfin, CLEO sur tablette offre une immersion relative, l’hologramme de l’action désirée étant projeté par le capteur intégré, possédant de fait une plus petite portée de projection.

Qui peut se le procurer ?

Ce programme est accessible à tous et permet d’assister à des productions culturelles facilement, même pour les personnes en situation de handicap.

Comment se le procurer ?

CLEO est disponible sur l’Appstore ainsi que sur les autres plateformes de téléchargement légal. On peut la télécharger gratuitement, et dès son installation l’application reconnaît les fonctionnalités techniques de l’appareil sur lequel elle est utilisée, de manière à s’y adapter.

Installation du programme

Même principe que Deezer, il faut se créer un compte. Le programme est accessible gratuitement mais dans ce cas, des publicités sont diffusées.

Pour ne pas avoir de publicités, il est possible de souscrire à un abonnement. Cet abonnement permet une meilleure qualité de son grâce à la technologie binorale 3.0 ainsi qu’une meilleure réception, le réseau étant en priorité mis à disposition des abonnés. Concernant les publicités, il est tout à fait possible de vivre pleinement l’expérience même avec leur présence, car celles-ci sont en général disposées sur les cotés du champs de vision.

Quel contenu ?

Ce programme permet de visiter les musées en accès gratuit, d’assister à des concerts et de vivre des films comme au cinéma.

Je me suis alors demandé comment cette application, encore considérée comme une “invention du futur” il y a moins de cinq ans, a pu être réalisable techniquement. Une recherche sur le site de la société qui la commercialise, Cultural Digital Company (CDC) explique tout le processus pour les trois types d’offres accessibles sur CLEO.

Pour le cinéma

Les nouvelles caméras multidirectionnelles utilisées lors des tournages pour augmenter la profondeur des rendus 3D en salles ont été optimisées mais subissaient les limites des salles de cinéma physiques (la seule évolution étant que l’on peut désormais regarder les films en 3D sans les lunettes adéquates). L’an dernier avait été soulevé, à l’occasion de la 87ème édition du Festival de Cannes, le problème de ces salles ne proposant pas de nouvelles expériences pour les spectateurs. CDC, qui était déjà en train de développer CLEO, ne pouvait alors mieux tomber.

L’application offre à ses possesseurs la possibilité de visionner tous les films sortis depuis cinq ans. Une fois le film sélectionné, l’utilisateur le lance et peut choisir, durant l’intégralité du film, l’angle et la place depuis lesquels il souhaite regarder l’action. L’angle par défaut et celui que nous avons au cinéma. Il suffit alors :

Pour les maisons et lunettes connectées : de se déplacer dans l’espace de la scène pour continuer à la vivre. D’une scène à l’autre, le positionnement de l’utilisateur reste le même, afin qu’il n’ait pas à se déplacer à chaque nouvelle scène.

Pour les tablettes : de pointer son doigt vers l’angle depuis lequel on souhaite vivre l’action, le champ de vision s’adaptant alors directement.

Bien sûr, les caméras multidirectionnelles qui ont capturé l’action n’apparaissent pas. Elles sont gommées pour laisser place à l’environnement.

La maison connectée semble avoir copié R2-D2 en terme de projection cinématographique
La maison connectée semble avoir copié R2-D2 en terme de projection cinématographique – © Lucasfilm

 

Pour les musées

Les plus de 60 000 musées existants dans 202 pays ne sont bien sûr pas (encore ?) visitables grâce à CLEO. Néanmoins, les partenariats se multiplient et en France une grande partie d’entre eux sont intégrés à l’application, dont ceux par exemple affiliés à la Réunions des Musées nationaux.

Image Louvre
Un exemple de visite virtuelle (ici au Louvre en 2015) où les possibilités d’actions et les informations sont limitées – © Musée du Louvre

 

Tous ces musées sont visitables gratuitement, le ministère de la Culture ayant lancé en 2020 le plan “Culture pour tous”, offrant aux supports numériques la diffusion gratuite des œuvres des musées. Il suffit de sélectionner le pays, la ville puis le musée que l’on souhaite découvrir. Une nouvelle option, accessible dans la version payante de CLEO, rend possible une visite en fonction de plusieurs critères comme par exemple la période artistique (Renaissance, Art Nouveau…) ou bien encore le style (Classique, Romantique, Abstrait…).

Julien, très au courant de ce genre d’innovation, m’a expliqué que les musées disponibles dans CLEO ont été numérisés à 360° grâce à des systèmes ressemblant aux voitures de Google qui déambulaient dans nos rues pour la création de Google Maps. Les capteurs ont ainsi permis de recréer l’espace à taille réelle des allées des musées. Mais le gros travail qui a été fait concerne les informations des œuvres. Il est maintenant possible de s’approcher d’une œuvre, d’en lire le traditionnel cartel mais aussi de la ‘toucher” pour ouvrir une fenêtre présentant des animations sur l’origine de l’œuvre et la scène qu’elle représente. Le fonctionnement selon les supports est le suivant :

Pour les maisons et lunettes connectées : il suffit de marcher librement pour découvrir en réalité augmentée les allées et les œuvres. Contraintes spatiales obligent, les possesseurs de ces deux technologies ne peuvent suivre qu’un chemin linéaire et ne peuvent évoluer que par sections dans les musées. Il est nécessaire de “toucher” du doigt la zone où l’on souhaite aller pour y accéder et pouvoir marcher quelques pas vers les œuvres.

Pour les tablettes : le principe est le même, à ceci près que l’utilisateur reste sur place et interagit avec la réalité augmentée située devant lui.

Pour les concerts

Comme je vous l’avais présenté au début de ce billet, l’application permet de vivre (ou  revivre) des concerts. Ils sont payants (quelques euros en moyenne) et restent accessibles dans la base de données sans limite de temps. Les concerts ainsi achetés restent dans votre catalogue. Le gros avantage qu’offre CLEO est de pouvoir vivre n’importe quel concert dans le monde, à n’importe quel moment et dans des conditions de confort optimales.

Exemple d'immersion au cœur de la foule, une possibilité offerte par CLEO
Exemple d’immersion au cœur de la foule lors d’un concert, une possibilité offerte par CLEO

 

L’expérience est quasiment la même quel que soit le support que l’on possède, mais présente néanmoins quelques différences :

Pour les maisons et lunettes connectées : dans une maison connectée, l’utilisateur-spectateur pourra se déplacer dans une zone limitée par l’espace de la pièce. Il pourra soit choisir de déambuler à travers la foule virtuelle, soit ignorer la présence de cette dernière s’il le souhaite. Il est à noter que tout déplacement en cas de sélection d’une place assise est plus limité, car ce n’est pas le principe. Ces déplacements limités valent aussi pour les lunettes, la différence étant que celles-ci offrent une expérience à hauteur d’œil – ce qui n’empêche pas de changer le regard de direction -, alors que la maison connectée offre la possibilité de suivre le concert comme si nous y étions, avec un environnement à 360° sans forcément regarder dans une direction précise.

Pour les tablettes : les déplacements dans l’espace ne changent rien, étant donné que c’est la projection en réalité augmentée au dessus de l’écran de la tablette (positionnée à l’horizontale) qui permet de vivre la scène. La qualité sonore ainsi que le rendu visuel sont en revanche nettement améliorés.

Voici pour les différentes activités culturelles qu’il est possible de vivre à distance grâce à CLEO. Mais avant de vous laisser espérer découvrir cette application un jour, je vais revenir sur les maisons connectées qui fleurissent un peu partout depuis quelques années. Le marché s’est longtemps cherché, l’informatique pour la maison était coûteuse, filaire et complexe. Mais nous avons désormais atteint une maturité technologique couplée à une maturité des consommateurs. Les usages se sont démocratisés avec des solutions simples et intuitives. Le smartphone est passé par là, simplifiant le contrôle des technologies du bout des doigts. Le tout accompagné d’un large déploiement de l’Internet très haut débit, permettant de contrôler l’intérieur de son salon partout, en 5G+. Récemment, les applications permettant de contrôler les maisons connectées se sont améliorées et offrent dorénavant de nombreuses options facilitant les tâches quotidiennes. Mais la maison connectée de mon maître de stage est encore mieux équipée ! Il a, pour optimiser la qualité de la réalité augmentée de CLEO, placé des baguettes numériques aux quatre coins de la pièce pour y projeter le contenu en 3D. Les enceintes intégrées complètent le dispositif pour une immersion totale. Si ces baguettes numériques sont devenues accessibles financièrement, rien ne dit que leur coût ne va pas augmenter face à la forte demande que risque d’engendrer l’application de la Cultural Digital Company.

"Hello, Smart Home"
« Hello, Smart Home »

 

Grâce à CLEO, c’est une grande partie des consommations culturelles qui vont être transformées. Regarder un film, visiter un musée et vivre (ou revivre) un concert à distance s’inscrit désormais pleinement dans une dimension techno-culturelle qui, en plus de proposer une expérience complète et totalement immersive, pourra contribuer au retour de l’intérêt des Français envers la culture. Un intérêt en constante baisse, comme l’indique le ministère de la Culture et du Patrimoine, qui constate au fur et à mesure de ses enquêtes sur les pratiques culturelles des Français une désaffection pour la plupart des formes d’expressions culturelles et artistiques.

Je vous retrouve le mois prochain pour mon prochain billet, qui concernera le nouveau projecteur holographique de Samsung : le SG Holo 20-35. D’ici là, portez-vous bien !

Gabriel De Rossi

Par Gabriel De Rossi

Billet du 15 février 2035 – 15h26

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