Article d’origine : http://www.internetactu.net/2013/03/04/les-objets-intelligents-nous-rendent-ils-betes/

L’internet des objets a fait une apparition récente mais remarquée dans nos quotidiens. Cette extension d’Internet à des choses ou des lieux du monde physique a été l’occasion pour de nombreux chercheurs de se questionner sur ce phénomène. Parmi ces chercheurs, Evgueny Morozov (@evguenymorozov), un chercheur biélorusse qui a tenté de répondre à la problématique suivante : les objets intelligents nous rendent-ils bêtes ?

L’exemple de la Poubelle Intelligente

Morozov prend pour commencer l’exemple d’une poubelle intelligente créée par un groupe de designers britanniques et allemands. A chaque fois que vous en ouvrez et refermez le couvercle, cette poubelle prend une photo qui permet l’analyse de vos déchets, et elle partage cette photo avec vos amis Facebook. L’idée étant, évidemment, de vous rendre vigilant en matière de recyclage de vos déchets et de gaspillage alimentaire et, le cas échéant, d’influer sur vos comportements. Morozov voit là la convergence de deux tendances qui travaillent en profondeur le monde qui nous entoure. Tout d’abord la prolifération d’objets connectés – ce qu’on appelle l’internet des objets -, d’objets qui ne sont plus bêtes et passifs, mais qui, avec l’aide d’un peu d’intelligence artificielle, peuvent distinguer un comportement responsable d’un comportement irresponsable, et même punir le comportement irresponsable et valoriser le comportement responsable, ceci en temps réel. La seconde tendance, c’est la possibilité, via Facebook et Google, de socialiser cette nouvelle interaction avec l’objet, de la rendre visible à nos amis. Ce sont là les ingrédients essentiels de ce qu’on appelle les technologies intelligentes.

Image : Un profil augmenté de ses déchets sur Facebook, via le projet BinCam.

 

Test du projet Bin Cam.

Des objets intelligents ou inquiétants ?

Pour Morozov, certaines de ces technologies sont relativement inoffensives et pas fondamentalement révolutionnaires – la montre qui vibre quand vous êtes poké sur FB, la balance qui twitte votre poids à vos followers sur Twitter ou le pilulier qui alerte votre docteur si vous oubliez de prendre vos médicaments. Mais d’autres technologies intelligentes ouvrent des perspectives plus inquiétantes. Car beaucoup de penseurs de la Silicon Valley voient là le moyen d’améliorer les comportements. Ce n’est plus de l’ingénierie de produit, mais de l’ingénierie sociale. Et Morozov de remarquer une tendance chez ces penseurs de la Silicon Valley à designer le monde ou la réalité comme broken, cassés, brisés. « Des voitures intelligentes aux lunettes intelligentes, écrit-il, cette « intelligence » est considéré par la Silicon Valley comme le moyen de transformer la réalité sociale d’aujourd’hui et les âmes désespérées qui l’habitent. » Mais il y a pour Morozov motif à s’inquiéter de cette révolution qui se profile.

« A mesure qu’elles deviennent plus intrusives, explique-t-il, les technologies intelligentes risquent de toucher à notre autonomie en supprimant des comportements que quelqu’un, quelque part, aura désignés comme indésirables. Les fourchettes intelligentes nous informent que nous mangeons trop vite. Les brosses à dents intelligentes nous incitent à passer plus de temps à nous brosser les dents. Les senseurs de nos voitures peuvent nous dire si nous conduisons trop vite ou freinons trop brutalement. »

Morozov ne nie pas l’utilité de ces informations, mais il met en garde contre le fait qu’elles peuvent intéresser des institutions qui ont tout intérêt à surveiller nos comportements. A commencer par les compagnies d’assurance, qui offrent déjà des réductions sur leurs polices aux conducteurs qui acceptent d’installer des senseurs intelligents dans leur voiture. Combien de temps faudra-t-il pour que ce soit obligatoire pour avoir une assurance ? demande Morozov.

 Ca fait l’actu: Des hackers Chinois prennent le contrôle de voitures Testa à distance, cliquez ici

Les objets connectés et les français.

Une intelligence à nuancer

Pour lui, il est essentiel de faire la différence entre « bonne intelligence » et « mauvaise intelligence ». Et privilégier évidemment celle qui nous laisse le contrôle total de la situation et a comme seul but d’améliorer la prise de décision en fournissant des informations. Morozov considère comme « mauvaises » les technologies qui prennent une décision à notre place et interdisent certains comportements. Il écrit:

« Le problème de beaucoup de ces technologies est que leurs concepteurs, tout à leur idée de dénicher les imperfections de la condition humaine, s’arrêtent rarement pour se demander combien de frustration, d’échec et de regret il est nécessaire pour que le bonheur et le sentiment d’accomplissement aient du sens. Bien sûr c’est formidable quand les objets qui nous entourent fonctionnent bien, mais c’est encore mieux quand, accidentellement, ils cessent de bien fonctionner. C’est comme cela, après tout, que nous gagnons un espace pour prendre des décisions – dont la plupart sont indubitablement très mauvaises – et que, d’échecs en erreurs, nous murissons jusqu’à devenir des adultes responsables, tolérants au compromis et à la complexité. Ces espaces d’autonomie seront-ils préservés dans un monde rempli de technologies intelligentes ? » se demande Morozov.

Un exemple de la pensée de Morozov, la fourchette intelligente qui calcule le temps entre chaque bouchée. Utile ou gadget ?

Ce qui se profile, c’est notre infantilisation, voire la pauvreté intellectuelle. Le monde transformé en un lieu dont toute erreur est bannie, où il est impossible de dévier de la voie tracée. Un monde qui ressemble plus à une usine tayloriste qu’à une incitation à innover. Car, selon lui, « tout artiste ou chercheur le sait, sans un espace protégé, et même sanctuarisé, où l’erreur est possible, l’innovation cesserait d’exister. » Morozov ajoute : « Des technologies intelligentes, au sens humain du terme, ne devraient pas avoir pour fonction de trouver les solutions pour nous. Ce dont nous avons besoin, c’est qu’elles nous aident à résoudre les problèmes » 

Il conclut :

« Si les designers de ces technologies ne prennent pas acte de la complexité et de la richesse de l’expérience humaine – avec ses failles, ses défis et ses conflits -, leurs inventions finiront dans la poubelle intelligente de l’Histoire. » 

Intelligents ou dangereux, ces objets aujourd’hui font désormais partie de nos quotidiens. Sur le site du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche une catégorie a fait son apparition, une catégorie «enseignement technonologique» . De quoi présager l’utilisation et l’intégration des objets conectés dans l’enseignement des futurs générations.

Pour aller plus loin: Réfléxion relayée par Bernard Benhamou sur les technologies dites « invisibles », disponible sur Cairn

Editorialisation: Adeline G

Article original : Marine Albarede, « Consommation Collaborative : l’enjeu du financement et de la gouvernance« , InternetActu, 21/04/2015

Éditorialisation: Meryem B, Bassira C, Alexis B


Consommation collaborative : Seriez-vous prêt à vous lancer ?

 En France, la consommation collaborative connaît une place de plus en plus imposante et les français ne rechignent pas avoir recours à cette pratique apparue ces dernières années. La première partie de cette article issue d’InternetActu, tisse le lien entre l’aspect coopératif et économique de ce modèle. La consommation collaborative prend de plus en plus de place dans notre société, se questionner sur l’avenir, les succès et échecs de ce système en devient primordial. L’enjeu serait pour ce système de gagner en coopération, à travers des circuits alternatifs de financement et de gouvernance.

 

La consommation collaborative recouvre des initiatives et projets divers ; elle propose des services pairs à pairs qui mettent en relation directement les individus entre eux, mais aussi d’autres dans lesquels les particuliers s’organisent pour la gestion de ressources communes. Les questions de la gouvernance et de la répartition de la valeur,… au sein de ces initiatives auraient pu rester non posées, mais les craintes de voir les grandes plateformes de la consommation collaborative concentrer toujours plus de valeurs sans que les usagers n’aient leur mot à dire amènent à s’interroger sur les modèles à l’oeuvre.

Dans ce paysage collaboratif, les exemples d’initiatives plus modestes (proches de l’Economie sociale et solidaire (ESS), du type AMAP, SEL, mais aussi des supermarchés coopératifs…) ayant instauré un mode de fonctionnement coopératif ne manquent pas ; et si c’était dans ces principes de gouvernance, valeur, expérience… plus partagées que la consommation collaborative pouvait pleinement s’épanouir ?

Vidéo Youtube : Netinvestissement.fr / BFM Business,  14 Mars 2014

QU’EST-CE-QUE LE CROWDFUNDING ? Le financement participatif, ou crowdfunding  («  financement par la foule ») est un mécanisme qui permet de collecter les apports financiers – généralement des petits montants -d’un grand nombre de particuliers au moyen d’une plateforme sur internet  – en vue de financer un projet. Deux parties sont mises en présence : l’épargnant qui souhaite investir une certaine somme d’argent dans un projet auquel il croit et le porteur de ce projet qui ne possède pas les fonds nécessaires pour le mettre en œuvre. L’un et l’autre se rencontrent sur internet via une plateforme dédiée : Les projets sont présentés par leurs porteurs et les épargnants choisissent de financer ceux qui les intéressent à hauteur de ce qu’ils souhaitent investir. Plusieurs  modalités  de financement participatif existent: le don (avec ou sans contrepartie), le prêt (avec ou sans intérêts) et l’investissement en capital. (source : www.entreprises.gouv.fr)

Doit-on encourager la consommation collaborative ? 


La consommation collaborative ne se résume pas à une « uberisation » économique. 

campagne de publicité de la société UBER, rentrée 2016
campagne de publicité de la société UBER, rentrée 2016

Pour beaucoup de monde (et de média…), la consommation collaborative est surtout représentée par les grandes plateformes que sont Airbnb, BlablaCar, Uber [1],… Dans les faits, ces grands exemples régulièrement cités ne sont que l’arbre qui cache la forêt d’un paysage très divers et en mouvement. Des modèles marchands cohabitent avec du non-marchand, des services ou plateformes locaux avec des services déterritorialisés ou agissant à des échelles différentes,… Bien sûr, toutes les initiatives de consommation collaborative ne visent pas à croître de façon exponentielle ni à passer à l’échelle (ce n’est par exemple pas du tout l’objectif d’initiatives hyperlocales type SELs, AMAPS, etc.). Mais chaque jour voit le lancement de plusieurs startups de la consommation collaborative dont toutes ne réussiront pas à s’imposer durablement dans le paysage, et le taux de mortalité de ces initiatives reste élevé. Le modèle de développement des Airbnb, BlablaCar et autres, que beaucoup prennent en exemple, est-il systématiquement à suivre ? Au-delà du fait qu’il sera dans les faits difficile à suivre pour la plupart des plateformes/services, dont la proposition de valeur n’est pas toujours claire et qui arrivent sur un marché déjà encombré, ce modèle interroge. 

dessin proposé par : http://manosque.cartridgeworld.fr/
dessin proposé par : manosque.cartridgeworld.fr

Valeurs et partage : les fondements du financement collaboratif

Les critiques qui voient le jour autour de l’évolution de ces plateformes, émanant d’utilisateurs de la première heure, mettent le doigt sur un des problèmes : les utilisateurs, qui contribuent pourtant aux services en proposant leurs véhicules, leurs services, leurs logements, leur « force de travail »… n’ont pas (ou peu) leur mot à dire quant à l’évolution des services. 

Dessin de Jean-Jacques Beltramo, dessinateur de presse

« Passage au mode payant de Blablacar, le début de la fin pour le covoiturage ![ …] Côté chiffres, il n’y a rien à dire, en opérant ce virage à 360°, le site a vu exploser son nombre d’inscrits et par là même son chiffre d’affaires. Mais en gagnant des inscrits, le site et son équipe en ont perdu les fondements du covoiturage, basé sur la confiance d’autrui et le partage.[ …] avec plusieurs millions d’utilisateurs, d’autres moyens sont possibles pour la monétisation d’un modèle comme Covoiturage.fr, sans pour autant passer par une taxation systématique du voyage [ …] Le covoiturage n’est plus social, il est purement économique » estime un covoitureur de la première heure.

En somme, l’expérience devient déceptive. En laissant place au service, le sentiment d’appartenance s’estompe, et la valeur semble toujours plus concentrée…

Les modèles d’une économie fonctionnant grâce aux contributions de ses utilisateurs peuvent-ils continuer à se développer de la même façon que ceux de l’économie traditionnelle, en n’associant pas les utilisateurs et clients à la décision ? La question agite certains usagers et acteurs de la consommation collaborative. Et il nous semble également que c’est un défi à relever pour que l’économie collaborative ne sombre pas dans l’économie à la demande.

Le financement, nœud du problème.

Les startups de la consommation collaborative semblent prises dans une sorte d’engrenage quasi infernal : leur trajectoire de financement et de développement (comme pour les startups plus globalement) les pousse à une croissance rapide. Les objectifs, la promesse de valeur économique doivent être ambitieux à court terme, pour que celles-ci trouvent les financements nécessaires auprès des Business Angels et Venture Capitalists, qui escomptent un retour sur investissement important. La croissance des services se fait ainsi parfois au détriment des utilisateurs, qui ne sont pas associés à la décision (par exemple aux modifications des conditions d’utilisation, fréquentes) dans un souci de ne pas ralentir la croissance de la startup. La réflexion sur le partage de la valeur et la conservation d’une véritable expérience collaborative, lorsque le service se développe, sont souvent un peu vite occultées.


La pratique doit prendre une forme nouvelle.

baromètre 2015 du financement participatif en France, édité par financeparticipative.org
baromètre 2015 du financement participatif en France, édité par financeparticipative.org

Alors qu’une grande partie des consommateurs collaboratifs déclare « rechercher du sens » avec ces modes de consommation, avec pour certains une envie de s’impliquer d’une manière plus active, l’expérience de consommation proposée par les startups de l’économie à la demande n’est pas fondamentalement différente de celle proposée par l’économie traditionnelle – si ce n’est que le service est assuré par d’autres particuliers au lieu d’une organisation. Les consommateurs-contributeurs commencent eux aussi à faire part de leur mécontentement : en mai 2014, une « centaine de chauffeurs d’Uber a manifesté devant le siège de l’entreprise à San Francisco [ …] contre les fluctuations de tarifs que décide unilatéralement la société dans la plus grande opacité, contre l’absence d’écoute de leurs besoins et contre les menaces face à toute mauvaise note reçue d’un passager qui peut les faire exclure du service… ». Certes, il s’agit avec Uber de professionnels indépendants, et pas tout à fait de consommation collaborative (autre exemple, la revendication collective de travailleurs du Mechanikal Turk d’Amazon fin 2014) mais l’exemple est également révélateur de la tension existante entre des modèles distribués, dans lesquels la décision et la gouvernance ne sont pas partagées.

De tels modèles pourraient même s’avérer plus risqués à terme : « vous ne pouvez pas vraiment remédier aux problèmes économiques d’aujourd’hui en utilisant les mêmes structures d’entreprises qui ont créé les problèmes économiques que l’on connaît », souligne Janelle Orsi pour Shareable, expliquant qu’en raison de leur mode de gouvernance et de propriété, les Airbnb, TaskRabbit et autres pourraient être rachetés par des organisations encore plus centralisées, qui se soucieront encore moins de leurs utilisateurs.

Dans ce contexte, réinventer les structures et les trajectoires de développement des entreprises collaboratives – ou en inventer de nouvelles, plus “coopératives” et moins “capitalistiques” est une transformation nécessaire porteuse d’enjeux forts : mettre en adéquation projet économique et projet social, réaffirmer des principes forts (expérience, appartenance à une communauté,…) de l’économie collaborative et ne pas tomber dans l’économie “à la demande”, éviter les débordements d’utilisateurs, favoriser la diversité et l’implication des citoyens (là encore nécessaire pour un projet collaboratif !), faciliter les évolutions du projet… Peut-on s’inspirer de modèles de gouvernance plus partagée, où la redistribution de la valeur aux utilisateurs est un véritable enjeu, pour imaginer autre chose ? Comment les principes du modèle coopératif par exemple, présent depuis longtemps dans l’ESS, associant valeurs de solidarité et de démocratie, peuvent-ils être explorés et adaptés à la consommation collaborative ?

En réalité il existe déjà d’autres modalités de financement moins centralisées : crowdfunding , equity crowdfunding  (qui permet à un entrepreneur de lever des fonds auprès de particuliers qui investissent en échange d’actions),… dont se saisissent déjà régulièrement les acteurs de la consommation collaborative, quels que soient leur mode de gouvernance et leurs principes. La Louve, supermarché coopératif qui devrait bientôt voir le jour à Paris, y a par exemple levé une part importante de ses financements. Mais on pourrait aussi imaginer le développement de fonds d’investissement, privés ou publics, ou de conseils, spécialisés dans l’accompagnement de ce type de projets.




Pearltrees : Consommation collaborative

Consommation collaborative, par consommationcollab


[1] « Uber, anciennement UberCab, est une entreprise technologique américaine qui développe et exploite des applications mobiles de mise en contact d’utilisateurs avec des conducteurs réalisant des services de transport. » De l’utilisation exponentielle de l’application est née l’expression « ubérisation » = économie liée à la pratique numérique mobile.

En France, dans une banlieue pavillonnaire en 2035. Les institutions et réglementations ont opéré quelques changements après une prise de conscience progressive des individus et des décisions inédites de plusieurs gouvernements suite à la COP21 de 2015. Nous avons imaginé la journée type d’une mère de famille de 45 ans, gestionnaire du jardin potager partagé de son quartier, Cindy. La forme de notre article de blog prend celle d’une newsletter de la ville fictive, Villeneuve, où elle vit avec sa femme et leurs enfants Léa et Thomas. Cette newsletter annonce que c’est la famille I qui a remporté le prix de la maison de l’année 2035, car leur maison est un exemple d’ autonomie et de respect de l’environnement.

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La maison gagnante de 2035 !
La maison gagnante de 2035 !

Le 5 septembre, la mairie de Villeneuve a décerné le prix de la maison de l’année 2035 à Cindy I. et sa famille. Petite présentation de la gagnante :

Céline I
Cindy I

Cindy, 45 ans, bénévole au le jardin potager partagé de la Villeneuve, vit dans son pavillon avec sa femme Laetitia et leurs enfants Léa et Thomas. Elle a fait construire sa maison à la fois écologique et connectée il y a 5 ans par Monsieur Thomson ingénieur habitat chez Apple.

Cindy nous parle de sa maison 3.0

 

  • Avez vous toujours eu une sensibilité pour l’écologie ?

Non pas vraiment, pendant mon enfance on n’était pas « branché » écologie. Je faisais le minimum du tri, je fermais le robinet ou j’éteignais la lumière derrière moi mais ça n’allait pas plus loin que ça ( Enquête sur les attitudes et comportements écologiques des français en 2010) ! Mais maintenant j’ai changé, je sens que mes enfants sont beaucoup plus sensibles à ça. Dans ma vingtaine, je me suis rendue compte que même les gestes du quotidien et notre manière de vivre avaient un impact global. Contrairement à avant, ma conscience écologique n’est plus une contrainte mais s’est vraiment intégrée à ma vie. C’est tout notre environnement sociétal qui est devenu écolo et de fait, les gens.

  • En quoi peut-on qualifier votre maison de 3.0 ?

Notre maison est sans conteste une maison domotique ! Avec une seule application que l’on peut retrouver sur son téléphone, sa tablette, son ordinateur, ses lunettes Google, sa montre connectée… On peut non seulement fermer les volets, contrôler la température, allumer le four, programmer la télé mais aussi consulter la consommation d’eau, de déchets, le rendement de ses panneaux solaires… Nous avons ce qu’on appelle une IHouse ! Une maison intelligente, connectée, centralisée, presque comme un ordinateur.

PANNEAU
Application et image imaginées par nous-même

La domotique est devenue un incontournable pour avoir une meilleure gestion de ses déchets et de l’énergie. Ces nouveaux procédés installés chez nous nous permettent d’avoir une meilleure visibilité pour agir simplement pour des gestes écocitoyens sans même que l’on en soit conscient.

Le solaire photovoltaïque permet de produire de l’électricité alors que le solaire thermique permet de produire de la chaleur grâce au rayonnement du soleil.

source : www.panneausolairephotovoltaique.fr
source : www.panneausolairephotovoltaique.fr

Au delà de 23 degrés, la maison stockent l’énergie accumulées grâce aux capteurs solaires thermiques et l’utilise quand la température de la maison est sous 23 degrés. C’est nous qui choisissons quand déclencher le chauffage ou non et tout cela grâce à un thermostat intégré dans la maison. Même si nous habitons dans une région nuageuse ou pluvieuse, les rayons du soleil passent toujours et cela n’empêche en rien la production notre propre électricité. Les panneaux photovoltaïques installés sur les toits n’ont besoin d’aucun entretien mais il est préférable de vérifier de temps à autre sur l’onduleur et le compteur. (L’onduleur est ce qui permet de transformer le courant produit par des panneaux solaires en courant alternatif compatible avec le réseau électronique EDF.)

 panneaux solaire
panneaux solaire

Ils ne craignent ni l’orage, ni la neige car les matériaux utilisés ont été conçus pour résister aux fortes intempéries.

Nos panneaux sont garantis au minimum 25 ans.

L’énergie emmagasinée est stockée en un point commun (zone centralisée) situé au sous sol. On pourrait dire que c’est le cœur de la maison. C’est ici que l’énergie est redistribuée partout dans notre pavillon.

D’ailleurs depuis 2020, toutes les maisons construites doivent être dotées de toit photovoltaïque et solaire thermique. C’est une mesure qui a été prise après la COP21.

Douche infinie
Douche infinie installée chez Cindy

Il y a aussi l’eau qui est recyclée grâce à des nano-capteurs « invisibles » qui nous permettent d’économiser l’eau. Ils sont installés au cœur des canalisations pour détecter les éventuelles fuites d’eau. Ils sont capables de transmettre au terminal des infos concernant la variation de la consommation d’eau et des possibles fuites. Grâce à eux, on peut prendre ce que l’on appelle des douches infinies. Notre maison récupère l’eau en temps réel lors d’une douche pour éviter le gaspillage. Elle la recycle et la filtre presque instantanément. On utilise donc dix fois moins d’eau et d’énergie qu’une douche à « l’ancienne » (voir les chiffres recueillis par eaufrance). En plus, on peut en profiter et rester plus longtemps à se détendre sous l’eau chaude. Ce concept a été inventé par ingénieur finlandais de 29 ans à l’époque, Jason Selvarajan, qui l’avait présenté lors de la COP21 en 2015. Le même système est installé dans toute la maison en ce qui concerne la consommation d’eau. Donc la vaisselle, le jardinage, les robinets… Toute l’eau qui n’a pas été trop « polluée » est recyclée par notre maison.

 

schéma douche infinie

source : showerloop.org

 

poubelle connectée
poubelle connectée source : genican.com

Pour finir nous avons également notre poubelle qui dispose de capteurs. C’est grâce à la chaleur dégagée par les déchets organiques que la maison et plus particulièrement, la poubelle, sait quand il y a suffisamment d’énergie pour qu’elle soit repartie dans notre pavillon (en général de l’ordre de 2 à 3 jours). C’est grâce au méthane dégagé que l’on obtient du biogaz (par la combustion du méthane dans des moteurs thermiques). Le bio gaz est un gaz naturel et donc non polluant. Nos poubelles sont aussi dotées, je vous rassure, de contenant hermétique, qui permet de retenir les fortes odeurs.

Ainsi sur nos écrans, il est affiché le poids des déchets présents, l’équivalent en carburant pour la voiture (X kilos = X litres de carburant = X temps d’autonomie). Notre voiture Google est une voiture à recyclage. Elle n’a plus besoin d’électricité ou d’essence, elle fonctionne uniquement avec les déchets générés par les membres de la famille : textiles, alimentaires, emballages : tout est un carburant potentiel pour gérer de l’énergie pour la voiture.

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La voiture Google en 2015
Les voitures Google de 2035 peuvent avoir le design que l'on souhaite.
Les voitures Google de 2035 peuvent avoir le design que l’on souhaite. Une Delorean pour les fans de Retour vers le futur !

 

 

 

 

 

 

 

 

  • En quoi la maison de votre enfance est-elle différente de la maison de vos enfants?

Déjà aujourd’hui ma maison est entièrement connectée. Quand j’étais petite mes parents se rendaient compte de ce qu’ils avaient consommé grâce à la facture EDF qui d’ailleurs n’existe même plus. (Vous pouvez consulter les objectifs de développement de EDF pour 2030). Maintenant tout est immédiat, on se rend compte de nos dépenses énergétiques en direct et du gaspillage qu’on peut faire. Tout est plus immédiat et cela permet de se rendre compte de l’impact positif et négatif que l’on peut avoir sur la planète. Apple l’a bien compris et c’est pour cela qu’elle a construit autant de maisons aujourd’hui et Google s’est imposé sur le marché de l’automobile avec son idée novatrice !

  • La maison 3.0 est-elle un modèle idéal pour y élever une famille ?

Oui, parce qu’elle permet de vivre de façon civique et juste, sans être un citoyen trop polluant. Nos enfants ont pris conscience de leur impact sur la terre depuis tout petit mais sans que cela les empêche de pouvoir vivre leur enfance tranquillement. On pourrait presque dire qu’ils ont une sensibilité écologique presque « innée ». (Vous pouvez consulter l’étude du Crédoc sur les intentions écologiques des français en 2011). C’est ancré dans leur mode de vie, ils ne réfléchissent pas à « est-ce que je pollue là ? ». C’est la maison qui signale si il y a un excès. Et franchement, ça n’arrive pas souvent, surtout de la part des enfants. Ils ont un comportement très citoyen sans qu’on les tannent avec une certaine attitude à avoir. C’est surtout en ça qu’ils sont très différents de moi enfant. Moi, je voulais être écologique mais parfois c’était pénible alors je jetais l’éponge. Notre maison leur inculque l’écologie, l’attitude citoyenne sans que cela représente une contrainte pour eux.

Le jardin potagé de Villeneuve
Le jardin potager de Villeneuve

L’ AVIS DE L’ INGÉNIEUR URBANISME DE VILLENEUVE

Monsieur X
Monsieur Henri

Ce nouveau type de maison écologique qui a commencé à voir le jour dès les années 2015 est maintenant plus répandu. Elle regroupe technologie et écologie, c’est le modèle parfait pour préserver l’environnement et qualité de vie. De plus, cette maison connectée peut être comparée à un organisme: on doit la nourrir avec différentes formes d’énergie. Notamment avec les déchets organiques dit fermentescibles que l’on dépose dans la poubelle ou encore avec les panneaux solaires qui captent l’énergie des photons.  Tout cela géré depuis des bases de données qui renvoient l’information sous une forme beaucoup plus simpliste.  Je pourrais dire que c’est la maison idéale !

Si vous aussi vous pensez que votre maison peut remporter le prix de la Maison de l’Année, n’hésitez pas à vous inscrire dès maintenant pour l’année 2036 en mairie ou en cliquant sur  formulaire en ligne  !


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