Article original : Edgar Morin, Humanisons le transhumanisme !, Le Monde (08.11.16)
Editorialisation : Romain Fameli, Ariana Guerber

 

Le catastrophisme et le transhumanisme constituent les deux futurs antagonistes de notre humanité. Mais ne tombons pas dans les illusions de « l’homme augmenté », estime le sociologue.

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Article original :

Sandrine Maljean-Dubois, Climat, l’inconnue américaine, The Conversation, 9 novembre 2016

Éditorialisation :

Claire Koslowski, Camille Léonard, Youna Cabon–Abily 


 

Le futur président américain a promis d’annuler l’Accord de Paris, que Barack Obama avait ratifié en septembre dernier. Mr. Trump a en effet qualifié le réchauffement climatique de “canular”. Ce climato-sceptique commence cependant à faire marche arrière.

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Photo: Dominick Reuter/AFP, 10/2016

Trump a pris la défense de l’industrie du charbon pendant sa campagne, comme ici en octobre 2016 à Wilkes-Barre, en Pennsylvanie.

 

C’était le scénario catastrophe des défenseurs du climat et la grande inquiétude des négociateurs du climat réunis actuellement à Marrakech pour la COP22  : la victoire de Donald Trump  à la présidence des États-Unis.

Donald Trump qui, durant sa campagne, a qualifié les changements climatiques de « canular » et évoqué une possible « annulation » de l’Accord de Paris.

Historique sur l‘Accord de paris : La décision de signer l’accord de Paris découle d’un certain nombre de prises de conscience. L’alerte ayant été donnée, de nombreux pays se sont organisés autours de conférences pour mettre en place un tel accord. Le but premier de ce dernier est de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. (N.D.R.)

Source : The Guardian, 26/05/2016

Lors d’une conférence dans le Dakota du Nord, le président des États-Unis Donald Trump s’est engagé à supprimer l’Accord de Paris sur le climat.

Il a également promis de supprimer les mesures rendant obsolètes les vieilles centrales au charbon et de relancer l’extraction offshore de pétrole et de gaz (ainsi que de ressusciter l’oléoduc Keystone XL).

“Le projet de l’oléoduc Keystone XL sera-t-il finalement approuvé ? Cette construction permettrait la création de plus de 100.000 emplois et nous rendrait plus indépendants en matière d’énergie”

 

Les États-Unis ne peuvent, bien évidemment, à eux seuls « annuler » ce traité tout récemment entré en vigueur et ratifié par 102 pays et l’Union européenne. C’est donc avec raison que Ségolène Royal a affirmé ce matin que Donald Trump « ne pourra pas empêcher la mise en œuvre de l’accord sur le climat ».

Washington engagé jusqu’à fin 2019

En revanche, comme le Canada a par le passé dénoncé le Protocole de Kyoto, les États-Unis peuvent dénoncer l’Accord. Ce dernier leur en laisse entièrement le droit, à condition toutefois de suivre la procédure prévue (article 28). Cette dénonciation, par laquelle ils « sortiraient » du traité, ne peut intervenir qu’à l’expiration d’un délai de trois ans à compter de la date d’entrée en vigueur de l’Accord, soit pas avant le 5 novembre 2019.

En outre, elle ne prendrait effet qu’à l’expiration d’un nouveau délai d’un an, soit… à la fin du mandat de Donald Trump. Que ce dernier le veuille ou non, les États-Unis sont donc bel et bien engagés internationalement pour la durée de son mandat. À moins de décider de dénoncer la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 1992, qui est en quelque sorte la convention « mère » : en ce cas, ils seraient réputés avoir dénoncé l’Accord de Paris et la dénonciation prendrait effet dans un délai d’une année.

Quoi qu’il en soit, tant qu’ils sont liés par l’Accord, les États-Unis devront prendre des « mesures internes pour l’atténuation en vue de réaliser les objectifs » de la contribution nationale qu’ils ont communiquée (soit réduire leurs émissions de 26 à 28 % en 2025 par rapport au niveau de 2005).

Juridiquement, ils ne peuvent par ailleurs revoir cette contribution nationale qu’à la hausse (article 4). Ils doivent également se conformer aux autres obligations que prévoit l’Accord.

 

Comment on estime les émissions de gaz à effet de serre (WMO, 2016)

Ce 18 % des émissions de gaz à effet de serre

Bien évidemment, ils pourraient toujours décider d’ignorer et de violer délibérément l’Accord, qui ne prévoit pas de sanction en ce cas.

L’Accord de Paris est en effet plus incitatif que réellement contraignant. Un mécanisme de contrôle est bien à créer – c’est au menu des négociateurs lors de la COP22 – mais il sera « axé sur la facilitation, et fonctionne[ra] d’une manière […] transparente, non accusatoire et non punitive » (article 15).

Peu de choses à craindre donc de ce côté de là, à part des conséquences politiques. S’ils choisissaient de ne pas mettre en œuvre l’Accord, les États-Unis ne seraient pas le premier État à s’asseoir sur un engagement international… Mais une telle attitude pourrait évidemment avoir des conséquences désastreuses.

Elle risquerait de saper la fragile dynamique portée par l’Accord de Paris, voire l’effectivité de ce dernier : les États-Unis représentent encore 18 % des émissions mondiales et sans eux les objectifs de l’Accord de Paris sont tout simplement hors d’atteinte.

Deuxième plus gros émetteur de CO2 après la Chine, les États-Unis représentent un réel enjeux pour le climat. D’ailleurs, à eux deux, ces pays représentent 42 % des émissions mondiales.

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Carte des émissions de gaz à effet de serre issues de la combustion d’énergie par pays (Source : Connaissance des Énergies, d’après données AIE) « CO2 emissions from fuel combustion », édition 2014 par l’AIE

 

Les yeux se tournent vers Pékin

Faudrait-il craindre pour autant un effet domino ? La position de la Chine sera fondamentale à cet égard. Or, son négociateur climat a donné récemment des signes très positifs en affirmant à propos des positions de Donald Trump que si les dirigeants américains « résistent à cette tendance, je ne pense pas qu’ils auront le soutien de leur population et leurs progrès économiques et sociaux en seront affectés » et « qu’un responsable politique avisé doit prendre des décisions conformes aux tendances mondiales ».

À la différence de Donald Trump, les Chinois semblent avoir compris le sens de l’histoire… et l’intérêt aussi bien environnemental que sanitaire et même économique de ne pas prendre de retard dans la marche vers la décarbonation de nos économies. Même si des progrès restent à faire.

Mise à jour 22/11/2016

Lors d’une interview avec le New York Times, Donald Trump est néanmoins revenu sur sa position concernant l’accord. Celui qui avait qualifié le réchauffement climatique de phénomène créé par et pour les Chinois

a ainsi déclaré “garder l’esprit ouvert” vis-à-vis de l’Accord, et pense qu’il existe “un lien [entre les êtres humains et le changement climatique], il y a quelque chose, mais tout dépend à quel point”. Le futur président américain a également ajouté qu’il fallait voir à propos de l’accord de Paris “combien cela va coûter à nos entreprises”, et quels effets il pourrait avoir sur la compétitivité américaine.

Paris va bien changer dans les années à venir. Dans 20 ans, les Technologies de l’Information et de la Communication se seront développées dans toutes les sphères de la vie privée et publique, et également dans les transports. Suite à l’expansion de la métropole et le développement d’un réseau de transport en commun connecté, une nouvelle application a vu le jour : Moovfast. Kylian, jeune entrepreneur, l’utilise quotidiennement. 

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Les Champs-Elysées en 2025 selon l’architecte Jean-Paul Viguier

 

Imaginez Paris dans 20 ans 

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La métropole du grand Paris en 2035 imaginée par France Culture.

Kylian habite Paris Saint-Ouen, il travaille dans le Grand Paris, une métropole de 7 millions d’habitants, qui a absorbé la petite couronne (Haut de Seine, Seine Saint Denis et Val de Marne). Il se déplace en transports en commun à l’aide d’une application. Il a rangé sa voiture depuis longtemps. Le réseau Ratp est très développé : de plus en plus de monde l’utilise. Aujourd’hui il comporte 18 lignes de métro, 6 tramways, 7 lignes de Rer, ce qui permet aux usagers de se déplacer plus facilement. De Clichy à Nanterre il ne faut plus qu’une dizaine de minutes, sans avoir à traverser le centre de la métropole. Versailles quant à elle, n’est plus qu’à 20 minutes de Saint-Denis grâce à un tramway dernière génération qui se recharge en tant réel grâce aux panneaux solaires situés sur son toit. Le dispositif Ratp est aussi devenu plus intelligent, il allie nouvelles technologies, big data, et dispose de plus de liberté pour se développer, puisque les voitures sont moins présentes en centre ville. Les smart-cars, et autres véhicules contemporains auto-régulent la circulation. Ils sont bien plus adaptés à l’environnement urbain, et constituent le décor d’une nouvelle époque. Le projet du grand Paris a porté ses fruits. Tout ceci a également attiré des entreprises du monde entier, Samsung par exemple, y a même installé son siège. Mais la modernité impacte aussi les logements qui deviennent de plus en plus cher. La taxe d’habitation est de 2000€ pour un 60 m². Trouver un logement décent contraint une partie de la population à s’installer dans la nouvelle banlieue, au delà des limites de la nouvelle ville dans les Yvelines ou en Seine-et-Marne. En dehors du Grand Paris, il existe très peu de transports en commun et des problèmes de sécurités importants persistent. Ce qui est l’objet de nombreuses réunions entre le Maire de Paris Nicolas Noireau et les élus des départements voisins, qui demandent des compensations financières. Malgré tout, Paris est prospère et a réussi sa mutation de capitale phare du 21ème siècle.

 Trait pour Trait de Stéphane Robert le 14/03/2014.

 

Kylian, un jeune entrepreneur connecté

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Kylian, sortant de chez lui.

Kylian, 29 ans, habite Saint Ouen, dans le 17ème arrondissement au nord rattaché a Paris depuis 2023. Il vit dans un loft avec sa copine Inès qui est également son associée. Il l’a rencontrée lors de ses études. Il a obtenu son diplôme d’ingénieur en 2030 après avoir suivi une formation en vente, pour enfin monter son entreprise en 2034. Il travaille dans le secteur des services de ventes à domicile, et il organise des réunions afin de vendre ses produits connectés. Originaire de la Meuse et fils d’agriculteur, Kylian a découvert durant ses études le développement et l’apport des transports en commun, qu’il utilise quotidiennement dans le monde professionnel et privé. Le jeune entrepreneur a créé son propre site pour faire connaître les produits qu’il vend. Chaque matin, il prépare ses produits (hauts de gamme) qu’il présentera sur RDV tous les jours à partir de 14h, sauf le dimanche. Il travaille également sur l’image de la marque chez lui, siège de son entreprise. Pour se déplacer il utilise une application dernier cri qui se charge de lui tracer son parcours en mélangeant divers transports en commun. Kylian se consacre a 100% dans son entreprise, il faut dire qu’il est passionné de nouvelles technologies. Il a reçu de nombreux prix grâce à de petites créations qu’il a conçues durant sa scolarité, dont le tupperware connecté qui lui a fait remporter un prix d’innovation.

 

Une application connectée au réseau de transport

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Les utilisateurs qui accèdent au métro grâce à leur Smartphone.

En 2035, les franciliens ont l’habitude d’utiliser l’application Moovfast pour se déplacer. Celle-ci regroupe tout les types de transports, afin d’amener l’usager à sa destination. L’application permet en outre la localisation des métros et bus en temps réel. Elle permet également de localiser des covoitureurs aux alentours, une fonctionnalité inspirée d’une application très populaire du début du siècle : Uber. Si votre budget vous le permet, l’application propose aussi de commander un taxi smartcar. De manière ludique, l’application permet, grâce à l’autorisation du partage de ses données de géolocalisation, de retrouver facilement ses amis, en proposant le trajet le plus court afin de les rejoindre. L’engouement pour l’écoute de musique dans les transports en commun a été brillamment introduite au sein même de l’application, qui propose de la musique en streaming à l’utilisateur, s’adaptant à ses goûts. La musique s’adapte également au temps du trajet, en proposant des morceaux ou des podcasts qui s’arrêtent a l’instant où l’utilisateur arrive à destination. Plus question de rater son arrêt grâce à cette fonctionnalité, puisque le support audio de l’application livres les informations importantes en prenant le dessus sur la musique diffusée, par exemple en cas de retard d’un métro ou encore à l’arrivée dans une station.

 

Vidéo : La journée type de Kylian en 2035