Voyage vers la salle de classe du futur

Nous sommes en 2035 à Paris, Alexandre Fournier, jeune professeur de Sciences de la Vie et de la Terre, rend visite à sa mère Mathilde, ancienne professeur à la retraite et son petit frère Louis, lycéen. Cette visite va engendrer un conflit de génération sur les méthodes de travail dans une salle de classe connectée.


Alexandre FOURNIER, un professeur passionné

Alexandre, 35 ans, vit seul dans un appartement à Villeneuve-La-Garenne (92390). Il est, depuis maintenant 9 ans, enseignant de Sciences de la Vie et de la Terre dans un collège au cœur de Paris. Alexandre donne 25 heures de cours par semaine et gagne 1700€ par mois. Il se contente d’un salaire de classe moyenne afin de faire de son métier une passion. Il adore transmettre ses connaissances aux plus jeunes et apprécie sa fonction de professeur principal.


Mathilde et son fils cadet, Louis reçoivent la visite de l’aîné Alexandre. Ils se réunissent autour d’un diner à l’occasion de Noël. Mathilde, 65 ans retraitée depuis peu, exerçait le métier de professeur de français au lycée. Elle a des valeurs traditionnelles et éprouve une aversion pour les nouvelles technologies. Son fils Louis, âgé de 16 ans baigne dans ces technologies ce qui a le don d’exaspérer sa mère.

Le repas se déroule à merveille jusqu’au moment où Mathilde interroge son Alexandre sur son travail et que ce dernier, tout excité répond « Ça se passe très bien, on a même reçu le dernier modèle de tableau électronique vendredi dernier, je suis pressé de l’essayer avec mes élèves.» La mère, dans l’incompréhension demande « Un tableau électronique ? Qu’est-ce que c’est que ça encore ? » il lui explique qu’il s’agit de la dernière version de l’interface qui contrôle la salle de classe et ses dispositifs, tels que les tablettes des élèves.

L’hyper-connexion : notre destin

1. Tableau électronique, servant de terminal. Il a pour fonction de relier l’appareil à un système informatique d’une salle de classe. 2.Les tablettes qui sont connectées et dépendantes du tableau électronique.

Après son explication, Mathilde, irritée riposte « Vous n’en avez pas marre d’inventer des nouvelles machines tous les jours ? Bientôt vous serez tous remplacés par des robots et tu n’auras même plus de boulot ». Avec humour, il réplique « Mais n’importe quoi maman, t’es restée bloquée dans les années 2000 ou quoi ? ». Il lui explique que le savoir et l’information sont deux notions distinctes. L’information est un ensemble de données qui n’a pas de valeur si elle n’est pas couplée à la connaissance transmise par un professeur. Celui-ci détient le savoir et l’expérience pour interpréter l’information et pour encadrer les élèves. D’ailleurs, Mathilde n’est pas la seule à prédire l’extinction du professeur dans les salles de classe au profit d’un professeur virtuel. Dans cet article, le Figaro s’interroge sur le portrait du professeur du futur ainsi que le rôle qu’il aura à jouer dans une salle de classe. Pas très convaincue, Mathilde rétorque à son fils « mais avec toutes vos évolutions, ce sont TES Apple, Intel et Microsoft qui s’en mettent plein les poches pendant que vous, vous êtes aliénés à leurs machines. Où sont passés les livres en papiers ? Tu sais, à mon époque, l’école mettait à disposition une salle informatique, mais l’essentiel des connaissances étaient enseignées par un professeur ». Il répond « Je suis d’accord maman, mais le marché pédagogique a évolué, hier c’était les maisons d’édition qui étaient leader et aujourd’hui ce sont les entreprises spécialisées dans le développement des nouvelles technologies qui produisent des manuels en formats numériques, des livres, et des autres supports de travail ». Mathilde ajoute « Regarde les résultats scolaires de ton frère ! Ils sont catastrophiques à causes de vos classes trop connectées ». Louis excédé par l’attaque de sa mère, précise que l’école constitue un espace fermé au monde mais avec une fenêtre sur l’univers « Je ne peux même pas me connecter sur les réseaux sociaux en cours, tous ces sites sont bloqués pour favoriser notre réussite scolaire. Mes mauvaises notes sont plus dues à mon manque de sérieux qu’à la méthode de travail utilisée en cours » dit-il. Alexandre explique à sa mère que les salles de classes étaient vouées à muer vers une nouvelle forme, plus numérique, plus connectée, qui serait à l’image de son temps. Il indique à Mathilde que des recherches sur l’aménagement des salles de classe ont été effectuées notamment par le laboratoire de la salle de classe du futur à Bruxelles, qui a étudié quel serait l’aménagement optimal de la salle de classe du futur, afin de maintenir l’attention des élèves en cours, et proposer un dispositif en accord avec son temps. « Les salles de classes sont bien passées de la craie, au feutre, au projecteur maman, ça n’a pas finit d’évoluer. » 

Schéma de la salle de classe du future par le Future Classroom Lab
Schéma de la salle de classe du futur par le Future Classroom Lab

Alexandre rajoute qu’à l’époque de Mathilde des inégalités concernant les fournitures scolaires subsistaient. En effet, les élèves n’avaient pas tous à leur disposition des ordinateurs ce qui provoquait une différence de travail et de résultats scolaires. Certains élèves apportaient leurs propres ordinateurs ou tablettes avec eux au lycée. C’est le BYOD (Bring Your Own Device), à présent, les élèves n’ont plus à apporter leur outils personnels, car à la rentrée ils disposent tous d’un appareil fourni par l’établissement et restitué en fin d’année. 

Cette discussion a permis à Mathilde de mieux comprendre les évolutions positives du travail d’un enseignant. En effet, cela permet d’avoir un meilleur suivi personnel des élèves, de réduire l’absentéisme en cours grâce au dynamisme qu’apporte les outils pédagogiques et d’améliorer l’attention des élèves en cours. Cette démarche de réaménagement de l’espace de travail à déjà fait ses preuves dans des milieux d’entreprises, comme Google, ou l’espace de travail a été étudié afin d’améliorer la productivité des employés et leur bien-être, ce qui a suscité de meilleurs résultats des salariés comme l’explique cet article de l’Humanité. Cependant, entêtée, Mathilde reste convaincue que ce n’est pas bénéfique au système scolaire.

Mathilde n’est pas la seule à être de l’avis que la surenchère technologique à l’école ne profite pas aux élèves. Cet article relate une étude menée aux États-Unis, sur les résultats des élèves dans le cadre d’une pédagogie « high-tech » qui démontre que contrairement aux idées reçues, les résultats des élèves ne progressent pas plus qu’on ne pourrait le croire et révélerait même une tendance à la stagnation. L’utilisation des technologies numériques n’aurait donc pas d’impact direct sur les résultats scolaires des élèves. 

Téléportons-nous en 2035

A l’aube du XXIe siècle, cette tendance à vouloir reconfigurer l’aménagement d’une salle de la classe s’affirme auprès de chercheurs, de médecins et d’enseignants, comme l’atteste cet article du café pédagogique sur l’aménagement des salles de classe, ou encore cette description de la salle de classe du futur par le docteur Dieter Breithecker.

André Roux, professeur et consultant en pédagogie et technologie numérique proposait déjà en 2011, un projet de travail sur la transformation d’une salle classe du futur sur son blog.

Dans la vidéo ci-dessous, Intel propose sa vision très futuriste de ce à quoi devrait ressembler une salle de classe d’ici quelques dizaines d’années et offre une bonne representation de la façon dont laquelle la technologie sera mise à profit dans l’environnement pédagogique dans les années futures.

Dans la vidéo suivante nous avons un autre aperçu de la salle de classe du futur et de l’usage de la technologie dans l’éducation par l’Unité des Nouvelles Technologies Educatives.

 

Et selon vous, à quoi ressemblera la salle de classe du futur ? Que pensez-vous d’un espace pédagogique plus connecté, baignant dans les technologies numériques ?

Pour aller plus loin…

Future Classroom Lab en France 

La salle de classe idéale existe: elle est équipée de rocking chairs par Slate.fr

Par Cindy Pradel, Nadia Ghoualem, Salma Benkirane.

En France, dans une banlieue pavillonnaire en 2035. Les institutions et réglementations ont opéré quelques changements après une prise de conscience progressive des individus et des décisions inédites de plusieurs gouvernements suite à la COP21 de 2015. Nous avons imaginé la journée type d’une mère de famille de 45 ans, gestionnaire du jardin potager partagé de son quartier, Cindy. La forme de notre article de blog prend celle d’une newsletter de la ville fictive, Villeneuve, où elle vit avec sa femme et leurs enfants Léa et Thomas. Cette newsletter annonce que c’est la famille I qui a remporté le prix de la maison de l’année 2035, car leur maison est un exemple d’ autonomie et de respect de l’environnement.

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La maison gagnante de 2035 !
La maison gagnante de 2035 !

Le 5 septembre, la mairie de Villeneuve a décerné le prix de la maison de l’année 2035 à Cindy I. et sa famille. Petite présentation de la gagnante :

Céline I
Cindy I

Cindy, 45 ans, bénévole au le jardin potager partagé de la Villeneuve, vit dans son pavillon avec sa femme Laetitia et leurs enfants Léa et Thomas. Elle a fait construire sa maison à la fois écologique et connectée il y a 5 ans par Monsieur Thomson ingénieur habitat chez Apple.

Cindy nous parle de sa maison 3.0

 

  • Avez vous toujours eu une sensibilité pour l’écologie ?

Non pas vraiment, pendant mon enfance on n’était pas « branché » écologie. Je faisais le minimum du tri, je fermais le robinet ou j’éteignais la lumière derrière moi mais ça n’allait pas plus loin que ça ( Enquête sur les attitudes et comportements écologiques des français en 2010) ! Mais maintenant j’ai changé, je sens que mes enfants sont beaucoup plus sensibles à ça. Dans ma vingtaine, je me suis rendue compte que même les gestes du quotidien et notre manière de vivre avaient un impact global. Contrairement à avant, ma conscience écologique n’est plus une contrainte mais s’est vraiment intégrée à ma vie. C’est tout notre environnement sociétal qui est devenu écolo et de fait, les gens.

  • En quoi peut-on qualifier votre maison de 3.0 ?

Notre maison est sans conteste une maison domotique ! Avec une seule application que l’on peut retrouver sur son téléphone, sa tablette, son ordinateur, ses lunettes Google, sa montre connectée… On peut non seulement fermer les volets, contrôler la température, allumer le four, programmer la télé mais aussi consulter la consommation d’eau, de déchets, le rendement de ses panneaux solaires… Nous avons ce qu’on appelle une IHouse ! Une maison intelligente, connectée, centralisée, presque comme un ordinateur.

PANNEAU
Application et image imaginées par nous-même

La domotique est devenue un incontournable pour avoir une meilleure gestion de ses déchets et de l’énergie. Ces nouveaux procédés installés chez nous nous permettent d’avoir une meilleure visibilité pour agir simplement pour des gestes écocitoyens sans même que l’on en soit conscient.

Le solaire photovoltaïque permet de produire de l’électricité alors que le solaire thermique permet de produire de la chaleur grâce au rayonnement du soleil.

source : www.panneausolairephotovoltaique.fr
source : www.panneausolairephotovoltaique.fr

Au delà de 23 degrés, la maison stockent l’énergie accumulées grâce aux capteurs solaires thermiques et l’utilise quand la température de la maison est sous 23 degrés. C’est nous qui choisissons quand déclencher le chauffage ou non et tout cela grâce à un thermostat intégré dans la maison. Même si nous habitons dans une région nuageuse ou pluvieuse, les rayons du soleil passent toujours et cela n’empêche en rien la production notre propre électricité. Les panneaux photovoltaïques installés sur les toits n’ont besoin d’aucun entretien mais il est préférable de vérifier de temps à autre sur l’onduleur et le compteur. (L’onduleur est ce qui permet de transformer le courant produit par des panneaux solaires en courant alternatif compatible avec le réseau électronique EDF.)

 panneaux solaire
panneaux solaire

Ils ne craignent ni l’orage, ni la neige car les matériaux utilisés ont été conçus pour résister aux fortes intempéries.

Nos panneaux sont garantis au minimum 25 ans.

L’énergie emmagasinée est stockée en un point commun (zone centralisée) situé au sous sol. On pourrait dire que c’est le cœur de la maison. C’est ici que l’énergie est redistribuée partout dans notre pavillon.

D’ailleurs depuis 2020, toutes les maisons construites doivent être dotées de toit photovoltaïque et solaire thermique. C’est une mesure qui a été prise après la COP21.

Douche infinie
Douche infinie installée chez Cindy

Il y a aussi l’eau qui est recyclée grâce à des nano-capteurs « invisibles » qui nous permettent d’économiser l’eau. Ils sont installés au cœur des canalisations pour détecter les éventuelles fuites d’eau. Ils sont capables de transmettre au terminal des infos concernant la variation de la consommation d’eau et des possibles fuites. Grâce à eux, on peut prendre ce que l’on appelle des douches infinies. Notre maison récupère l’eau en temps réel lors d’une douche pour éviter le gaspillage. Elle la recycle et la filtre presque instantanément. On utilise donc dix fois moins d’eau et d’énergie qu’une douche à « l’ancienne » (voir les chiffres recueillis par eaufrance). En plus, on peut en profiter et rester plus longtemps à se détendre sous l’eau chaude. Ce concept a été inventé par ingénieur finlandais de 29 ans à l’époque, Jason Selvarajan, qui l’avait présenté lors de la COP21 en 2015. Le même système est installé dans toute la maison en ce qui concerne la consommation d’eau. Donc la vaisselle, le jardinage, les robinets… Toute l’eau qui n’a pas été trop « polluée » est recyclée par notre maison.

 

schéma douche infinie

source : showerloop.org

 

poubelle connectée
poubelle connectée source : genican.com

Pour finir nous avons également notre poubelle qui dispose de capteurs. C’est grâce à la chaleur dégagée par les déchets organiques que la maison et plus particulièrement, la poubelle, sait quand il y a suffisamment d’énergie pour qu’elle soit repartie dans notre pavillon (en général de l’ordre de 2 à 3 jours). C’est grâce au méthane dégagé que l’on obtient du biogaz (par la combustion du méthane dans des moteurs thermiques). Le bio gaz est un gaz naturel et donc non polluant. Nos poubelles sont aussi dotées, je vous rassure, de contenant hermétique, qui permet de retenir les fortes odeurs.

Ainsi sur nos écrans, il est affiché le poids des déchets présents, l’équivalent en carburant pour la voiture (X kilos = X litres de carburant = X temps d’autonomie). Notre voiture Google est une voiture à recyclage. Elle n’a plus besoin d’électricité ou d’essence, elle fonctionne uniquement avec les déchets générés par les membres de la famille : textiles, alimentaires, emballages : tout est un carburant potentiel pour gérer de l’énergie pour la voiture.

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La voiture Google en 2015
Les voitures Google de 2035 peuvent avoir le design que l'on souhaite.
Les voitures Google de 2035 peuvent avoir le design que l’on souhaite. Une Delorean pour les fans de Retour vers le futur !

 

 

 

 

 

 

 

 

  • En quoi la maison de votre enfance est-elle différente de la maison de vos enfants?

Déjà aujourd’hui ma maison est entièrement connectée. Quand j’étais petite mes parents se rendaient compte de ce qu’ils avaient consommé grâce à la facture EDF qui d’ailleurs n’existe même plus. (Vous pouvez consulter les objectifs de développement de EDF pour 2030). Maintenant tout est immédiat, on se rend compte de nos dépenses énergétiques en direct et du gaspillage qu’on peut faire. Tout est plus immédiat et cela permet de se rendre compte de l’impact positif et négatif que l’on peut avoir sur la planète. Apple l’a bien compris et c’est pour cela qu’elle a construit autant de maisons aujourd’hui et Google s’est imposé sur le marché de l’automobile avec son idée novatrice !

  • La maison 3.0 est-elle un modèle idéal pour y élever une famille ?

Oui, parce qu’elle permet de vivre de façon civique et juste, sans être un citoyen trop polluant. Nos enfants ont pris conscience de leur impact sur la terre depuis tout petit mais sans que cela les empêche de pouvoir vivre leur enfance tranquillement. On pourrait presque dire qu’ils ont une sensibilité écologique presque « innée ». (Vous pouvez consulter l’étude du Crédoc sur les intentions écologiques des français en 2011). C’est ancré dans leur mode de vie, ils ne réfléchissent pas à « est-ce que je pollue là ? ». C’est la maison qui signale si il y a un excès. Et franchement, ça n’arrive pas souvent, surtout de la part des enfants. Ils ont un comportement très citoyen sans qu’on les tannent avec une certaine attitude à avoir. C’est surtout en ça qu’ils sont très différents de moi enfant. Moi, je voulais être écologique mais parfois c’était pénible alors je jetais l’éponge. Notre maison leur inculque l’écologie, l’attitude citoyenne sans que cela représente une contrainte pour eux.

Le jardin potagé de Villeneuve
Le jardin potager de Villeneuve

L’ AVIS DE L’ INGÉNIEUR URBANISME DE VILLENEUVE

Monsieur X
Monsieur Henri

Ce nouveau type de maison écologique qui a commencé à voir le jour dès les années 2015 est maintenant plus répandu. Elle regroupe technologie et écologie, c’est le modèle parfait pour préserver l’environnement et qualité de vie. De plus, cette maison connectée peut être comparée à un organisme: on doit la nourrir avec différentes formes d’énergie. Notamment avec les déchets organiques dit fermentescibles que l’on dépose dans la poubelle ou encore avec les panneaux solaires qui captent l’énergie des photons.  Tout cela géré depuis des bases de données qui renvoient l’information sous une forme beaucoup plus simpliste.  Je pourrais dire que c’est la maison idéale !

Si vous aussi vous pensez que votre maison peut remporter le prix de la Maison de l’Année, n’hésitez pas à vous inscrire dès maintenant pour l’année 2036 en mairie ou en cliquant sur  formulaire en ligne  !


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