Article source: « She as he, genre et politique » (The Conversation)

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Quelle est la place de la femme en France, en Europe, dans le monde arabe ? Pour Pascale Boistard, Secrétaire d’État chargée des droits des femmes :

« Il y a sur notre territoire des zones où les femmes ne sont pas acceptées ». Il y aurait, donc, une forme de « morale mal placée » qui conduit à ce que l’espace public, censé appartenir autant aux hommes qu’aux femmes, se retrouverait restreint pour les femmes. Et, donc, « nous, au secrétariat d’État, nous en avons fait un objectif central. Nous avons commencé par agir sur le harcèlement dans les transports, puis nous allons ouvrir la question à un champ plus large »

Egalité homme-femme : le débat politique

Source: Pixabay
Source: Pixabay

Ces dernières années, la question de l’égalité des sexes s’est retrouvée au cœur de nombreux débats sociétaux. Le dernier en date est celui de la campagne à la présidence de la République 2017. En effet, comme rapporte un article paru en ligne sur le Figaro, Alain Juppé et François Fillon ont chacun établi un programme concernant la question. Alain Juppé aurait proposé un programme en quatre axes : « lutter contre les violences faites aux femmes, s’attaquer à la pauvreté et à la précarité, promouvoir une égalité globale de traitement professionnel, renforcer l’égalité dès le plus jeune âge et augmenter la mixité des métiers ». De l’autre côté, Français Fillon propose trois mesures : « des mesures en direction des mères isolées, la nécessité de lutter contre les violences faites aux femmes et de garantir la protection des enfants et l’égalité hommes-femmes ». Parmi les propositions qui ont marqué le paysage médiatique, François Fillon parle de faire « augmenter les délais de prescription de plainte pour les femmes victimes d’agression sexuelle » puisque ces dernières ont souvent besoin de beaucoup de temps avant de porter plainte.

 

La question de la rémunération est centrale. De nombreuses études se font sur le sujet. Sur le site du gouvernement Open Data, on retrouve beaucoup de jeux de données mais celui qui nous intéresse traite des écarts de salaires entre les hommes et les femmes.

 

L’égalité dans l’éducation

Plus généralement, on pourrait citer le site Internet des « Outils pour l’égalité entre les filles et les garçons » qui a pour objectif de rappeler les grands enjeux, à l’école et par l’école, d’une culture de l’égalité entre les filles et les garçons, entre les femmes et les hommes.

Rappelons, enfin, qu’établir une égalité réelle entre femmes et hommes dans la recherche et l’enseignement supérieur est un défi majeur que l’Europe cherche à relever depuis déjà plusieurs années. Dans cette optique, elle soutient notamment des projets visant à des changements structurels dans la recherche en matière d’égalité femmes-hommes : c’est le cas du projet EGERA.

 

Source: Kaz (Pixabay)
Source: Kaz (Pixabay)

 

 

Le monde du travail : les femmes encore trop peu représentées

Source: BarackObama.Com
Source: BarackObama.Com

Depuis les débuts de la lutte pour l’égalité, peut-on dire que les femmes ont une meilleure situation aujourd’hui ? Ce n’est pas exactement ce que rapporte ce rapport des Nations Unies de 2015. Bien qu’on ne puisse dire qu’on en reste au même point, il serait bien rapide de crier victoire. Il reste encore un long chemin à nos gouvernements pour arriver à cet objectif qui pourtant, ne devrait pas être si complexe à atteindre.

Les femmes restent victimes de violence – physique ou verbale sur leurs lieux de travail. Le cas de l’armée revient de façon récurrente. Bien que la France ait une des armées les plus féminisées (après les Etats-Unis, la Hongrie, Israël et l’Australie), les militaires femmes ne sont pas traitées avec le même respect que leurs homologues masculins. Il y a deux ans, la sortie du livre La guerre invisible (dénonçant la loi du silence concernant les violences faites aux femmes dans l’armée) a provoqué un certain tollé. Aux suites de cette parution, une enquête interne a été lancé au sein du ministère de la défense. Selon ses dires de l’époque, rapporté dans Le Monde, « nous allons rompre la loi du silence partout où elle subsisterait. Affirmer haut et fort la place des femmes au ministère de la défense ».

 

Réseaux sociaux : le nouveau terrain d’affrontement

Source: Clker-Free-Vector-Images sur pixabay
Source: Clker-Free-Vector-Images sur pixabay

Dernièrement, c’est le Tumblr Paye ton taf qui fait parler de lui. Il recense des témoignages anonymes de sexisme sur le lieu de travail. Réflexions sur l’intelligence des femmes, leurs corps, et remarques sexuelles à peine voilées…

De nombreuses féministes se donnent rendez-vous sur les réseaux sociaux pour tenter de faire avancer la cause et donner leurs avis : c’est le cas de JeSuisFeministe  et de Feministing. A travers le monde, il existe de nombreuses icônes – qu’elles soient artistes, femmes au foyer, femmes de ménage… Une artiste qui rencontre un fort succès sur la toile reste Rupi Kaur – la jeune femme de 24 ans a commencé sa carrière en postant ses poèmes empreint de féminisme sur son compte Instagram.  Elle est notamment connue pour avoir posté une série de photos allant à l’encontre du tabou sur les menstruations. La controverse est partie d’Instagram – supprimant la photo, indiquant qu’elle ne respectait pas les règles de vie du réseau social avant de réintégrer ladite image.

Dans la lutte pour l’égalité homme-femme, on peut parler de différents courants, différentes façons d’aborder le changement d’une société patriarcale. D’un côté, les pseudo-événements lancés par les Femen qui garantissent toujours une couverture médiatique importante. Le groupe féministe d’origine ukrainien tend à défendre les droits de femme en s’appuyant sur un « féminisme radical » que les membres appellent sextrémisme. De l’autre, pour le même fond, on se retrouve face au visage doux de Malala Yousafzai – Prix Nobel de la Paix en 2014. L’UNESCO et le gouvernement pakistanais lancent le Malala Fund, fond pour l’éducation des filles en hommage à la jeune femme.

Source: Wikimedia Commons
Source: Wikimedia Commons

 

 

Qu’il s’agisse de mouvements pacifistes ou non, la question de l’égalité homme-femme reste au cœur des discussions sociales et politiques. En plein milieu de la campagne à l’élection présidentielle française, ne reste qu’une question: malgré de belles déclarations, quelles actions concrètes comptent mener les candidats à la Présidence?

     Article original: Accès à l’IVG, le monde à mi-chemin, par Cathérine Mallaval, Virginie Ballet et BIG, publié le 27 septembre 2016 sur Libération

Éditorialisé par Esther Simsek, Marine Pflaum et Isabelle Sigelakis 


C’est un droit si fragile que, même en France, quarante et un ans après l’adoption la loi Veil autorisant l’avortement, on en est encore à combattre. Dans le viseur de la ministre des Droits des femmes, ces sites internet «pro-vie» qui avancent masqués pour véhiculer des informations biaisées sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG).


Sites pro vie – source : Pearltrees de isabellesigelakis

Un amendement au projet de loi «égalité et citoyenneté» devrait permettre d’élargir encore le délit d’entrave à l’avortement à ces désinformateurs en ligne. A la clé : deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

C’est un droit si fragile que se tient ce mercredi une journée mondiale prônant la dépénalisation de l’avortement sur une planète où seuls 61 Etats autorisent l’IVG sans restriction. Bilan : seulement 39,5 % des femmes dans le monde ont pleinement accès à ce droit. De ce fait, plus de 21 millions d’avortements clandestins sont pratiqués dans le monde par an (sur 43,8 millions d’avortements au total), engendrant près de 47 000 décès consécutifs.

l'avortement dans le monde: progrès et reculs source: blog petravolta
L’avortement dans le monde : progrès et reculs – source: The World Abortion Laws

C’est un droit sans cesse remis en cause. Flagellant sur sa base, l’Espagne a bien failli l’envoyer valser. En ce moment, la Pologne se durcit, tandis que d’autres font depuis longtemps de l’obstruction : Malte, Chypre, Andorre, Suriname, Honduras… Sans oublier l’impitoyable Irlande du Nord.

«Si on veut être optimiste et que l’on considère ces cinquante dernières années, alors oui on assiste à une libéralisation. Mais il y a aussi des reculs et des poches de résistance, observe Amapola Limballe, membre de la commission «Femmes» d’Amnesty International France. En outre, un seul état des lieux du droit à l’avortement ne rend pas compte de tous les obstacles pratiques auxquels doivent faire face les femmes dans le monde : les fermetures de clinique, les demandes d’autorisation du conjoint, le harcèlement à l’entrée des hôpitaux, etc.»

Désespérant ? «Heureusement, chaque fois que ce droit est menacé, des contre-feux s’allument dans la société civile. Comme on l’a vu en Espagne», note Amapola Limballe. Et puis, certains s’ouvrent petit à petit. Ainsi le Chili, qui faisait partie du club des plus stricts, est en train d’examiner une proposition de loi qui établirait des exceptions en cas de viol ou d’inceste. Pas la panacée, mais un petit pas.

Salvador : l’enfant ou la prison

Au Salvador, l’avortement est absolument illégal, comme au Suriname ou au Honduras. Qu’importe que la grossesse résulte d’un viol, d’un inceste ou présente un risque pour la vie de la mère : elle doit être poursuivie à tout prix selon la loi de ce petit pays catholique d’Amérique centrale. Ne pas s’y conformer fait encourir des peines de prison de huit à vingt ans aux femmes. Une vingtaine de femmes seraient d’ailleurs actuellement emprisonnées. «La terrible répression à laquelle font face les femmes et les jeunes filles du Salvador […] s’apparente à des actes de torture»,dénonçait Amnesty International en 2014.

Le Salvador: La violence contre les femmes et l’interdiction de l’ivg – source : Pearltrees isabellesigelakis

Ce qui n’a pas empêché le parti conservateur Arena de présenter cet été une proposition de loi visant à imposer des peines allant de trente à cinquante ans de prison pour les femmes mettant fin à leur grossesse, soit l’équivalent des assassinats avec actes de cruauté.

Irlande : une «violation des droits fondamentaux»

C’est un sérieux rappel à l’ordre qui a été adressé à l’Irlande (1) en juin : le Comité pour les droits humains des Nations unies a estimé que la législation du pays sur l’avortement, l’une des plus sévères d’Europe, a engendré une violation des droits fondamentaux d’Amanda Mallet. La jeune femme s’était vue refuser un avortement malgré une malformation fœtale mortelle. Dans ce pays, l’avortement est un crime passible de prison. Et depuis trente-trois ans, le droit à la vie de l’enfant à naître est inscrit dans la Constitution. Conséquence : environ 4 000 Irlandaises se rendraient chaque année à l’étranger pour une IVG. Toutefois, il y a trois ans, le Parlement a adopté une loi autorisant l’interruption d’une grossesse en cas de risque «réel et substantiel» pour la vie de la femme enceinte.

Pologne : plus dure sera la loi

Des opposants au projet de loi interdisant l’avortement manifestent en avril à Varsovie. Photo : Wojtek Radwanski – source: AFP

Votée en 1993, la loi en vigueur en Pologne n’autorise l’avortement qu’en cas de risque pour la vie ou la santé de la mère, d’examen prénatal montrant une pathologie grave et irréversible chez l’embryon ou de grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste.

Des Polonaises manifestent contre la proposition de loi interdisant l’avortement, le 3 octobre 2016 à Varsovie. Photo: Janek Skarzynsky – source: AFP

C’est l’une des plus restrictives d’Europe. Comme si cela ne suffisait pas, le Parlement conservateur poursuit ses travaux sur une proposition d’initiative citoyenne déposée par le comité «Stop avortement», interdisant complètement l’avortement, à une exception près : lorsque la vie de la femme enceinte est en danger immédiat. Moins de 2 000 avortements légaux sont pratiqués chaque année en Pologne. Le nombre des IVG clandestines ou pratiquées à l’étranger reste inconnu. Les organisations de défense des droits des femmes l’estiment entre 100 000 et 150 000.

Italie : les gynécos font objection, les nouveaux directeurs de conscience

1978, une loi autorise les femmes qui chantent dans les rues de Rome «l’utero è mio e me lo gestisco io !» («c’est mon utérus, c’est moi qui le gère !») à avorter. Problème, ce texte souffre d’une faille judiciaire : il autorise les médecins à refuser de pratiquer des avortements pour des raisons religieuses ou personnelles en se déclarant objecteurs de conscience. Or, le nombre de médecins faisant jouer cette clause de conscience ne cesse d’augmenter : 70 % des gynécologues l’invoquent.

L’Italie s’émeut d’un drame de l’avortement – source : Europe1fr

Ils sont encore davantage dans certaines régions du Sud. Alors que le gouvernement estime à quelque 12 000-15 000 le nombre d’avortements illégaux par an, des sources indépendantes avancent, elles, le chiffre de 50 000 cas.

 

Afrique : interdire et faire mourir

Les lois les plus strictes n’empêchent pas les femmes d’avoir recours à l’avortement, mais cela les pousse à entamer des «procédures à risques» (médicaments, solutions toxiques, introduction d’objets dans l’utérus…), qui peuvent entraîner la mort. C’est particulièrement le cas en Afrique.

Selon l’institut Guttmacher, organisation non gouvernementale américaine spécialisée dans la recherche sur la santé sexuelle et reproductive, «presque tous les décès imputables à l’avortement surviennent dans les pays en développement, principalement en Afrique». Sur ce continent, où seuls trois pays (le Malawi, la Tunisie et l’Afrique du Sud) autorisent l’interruption volontaire de grossesse sans restriction, 98 % des avortements pratiqués seraient «non médicalisés»,selon les termes de l’Organisation mondiale de la santé. Résultat : pour l’Afrique subsaharienne, le taux de mortalité s’élève à 460 avortements sur 100 000, contre 0,6 pour les Etats-Unis.

Etats-Unis : un sujet passionnel

Janvier 1973, les Etats-Unis légalisent l’avortement. Par sept voix contre deux, les juges de la Cour suprême (arrêt Roe v. Wade) autorisent les femmes à décider librement d’une interruption d’une grossesse. Juin 2016, la Cour suprême réaffirme avec force ce droit, question passionnelle qui n’a jamais cessé de déchirer le pays pour moitié hostile à l’avortement.

A cinq juges contre trois, l’instance juge illégale une loi de 2013 au Texas qui impose aux cliniques pratiquant des avortements de posséder un plateau chirurgical digne d’un milieu hospitalier. Cet arrêt de la Cour suprême, au-delà du cas texan, est un revers cinglant pour les «pro-life» qui, dans 27 Etats (essentiellement du Sud), ont obtenu le vote de restrictions sévères au droit à l’interruption volontaire de grossesse, créant une sorte de «désert de l’avortement» de la Floride au Nouveau-Mexique, en passant par le Midwest.

Asie, Europe orientale : avortements sélectifs

En moyenne, dans le monde, il naît 105 garçons pour 100 filles. Mais la Chine, l’Inde et d’autres pays d’Asie enregistrent une proportion anormalement élevée de garçons chez les nouveau-nés, liée notamment à des avortements sélectifs. Il naît près de 118 garçons pour 100 filles en Chine. Et les Nations unies estiment à environ 500 000 chaque année en Inde le nombre d’interruptions volontaires de grossesse destinées à éviter la naissance d’une fille. Voilà la face très noire de l’avortement. Encore assombrie depuis la publication en 2013 d’un rapport de l’Institut national des études démographiques (Ined) intitulé la Masculinisation des naissances en Europe orientale sur le développement des avortements sélectifs dans le Caucase du Sud et l’ouest de Balkans. Notamment en Arménie et en Azerbaïdjan.

Euthanasie : une situation encore floue au Luxembourg

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Entretien recueilli par Hubert Gamelon pour Le Quotidien, édité par Heol Sicard.

Au Luxembourg, l’euthanasie est dépénalisée depuis le 16 mars 2009, pourtant, malgré les outils législatifs en place, l’euthanasie reste un sujet tabou et controversé. Dans cette interview, Véronique Hammes, vice-présidente de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité – Lëtzebuerg (ADMDL), fustige un manque d’information sur le droit à l’euthanasie.

La 9e journée mondiale du droit à mourir dans la dignité s’est tenue mercredi. L’ADMDL a rappelé à cette occasion les freins qui contrarient l’application de la loi de 2009.

Véronique Hammes, vice-présidente de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité – Lëtzebuerg (ADMDL), fustige un manque d’information sur le droit à l’euthanasie.

Une loi controversée :

Quelle est la place de l’euthanasie au Luxembourg ?

Véronique Hammes : La loi du 16 mars 2009 dépénalise l’euthanasie, sous des conditions précises : le patient doit être en fin de vie, touché par une maladie incurable et irréversible. Le médecin a le droit d’accepter ou de refuser l’acte, au nom de son éthique personnel. Le patient doit alors s’adresser à un autre médecin. En revanche, une fois que les conditions sont remplies et que le praticien s’est déclaré en faveur de l’acte, aucune structure ne peut l’empêcher : ni un hôpital, ni une clinique privée, ni une maison de retraite.

 

Euthanasie en Europe

Sept ans après l’entrée en vigueur de cette loi, où en est-on sur le terrain ?

Très peu d’euthanasies sont pratiquées au Grand-Duché : moins de dix par an. Nous constatons une faible augmentation malgré tout. Nous constatons aussi une fuite des patients vers la Belgique. Cela montre bien le poids moral que l’on fait encore peser sur l’euthanasie chez nous… car les Belges ont adopté une loi sensiblement égale à la nôtre! L’euthanasie est trop souvent assimilée au fait de « donner la mort », plutôt qu’au fait de sauvegarder la dignité humaine.

Débat moral ou débat politique ?

Les freins à l’euthanasie sont donc uniquement moraux ?

Notre ASBL est la seule qui défend l’euthanasie. Nous avons pesé de tout notre poids lors du débat sur la loi. Mais nous nous heurtons encore aux religions et même à des associations qui ne militent que pour les soins palliatifs. Alors que nous devrions être sur la même longueur d’onde : ce n’est pas parce qu’on est pour l’euthanasie que l’on est contre les soins palliatifs, et inversement. Je le répète, l’idée centrale est de sauvegarder la dignité humaine.


Marisol Touraine sur l’euthanasie: « la loi ne… par Europe1fr

On l’entend… mais le faible nombre de « candidats » à l’euthanasie montre qu’il y a peut-être des réticences qui dépassent vos débats politiques.

Il y a surtout un problème d’information. Des patients, d’abord. Des médecins, ensuite. De nombreux praticiens ont tendance à ne pas connaître la loi, ou à faire semblant de l’ignorer. À tel point que nous avions fait éditer des brochures en 2011, qui ont été distribuées jusqu’aux dentistes! Résultat, à l’heure actuelle, la sédation palliative est la règle et l’euthanasie la rare exception. Cette situation est révoltante : la sédation se fait semaine après semaine, dose de morphine après dose de morphine, avec des patients qui n’ont souvent plus leur esprit pour décider de leur propre vie. Des gens qui ont toujours mené une vie digne se retrouvent hagard, en couche, incapables de se laver et de se nourrir eux-mêmes. L’auraient-ils vraiment voulu? Cette situation est moins encadrée que la loi de 2009, qui prévoit des conditions précises d’euthanasie.

L’encadrement du choix du patient, reparlons-en.

La décision d’euthanasie peut être accordée très vite, d’une semaine à l’autre. Mais elle est toujours encadrée. Il faut tout d’abord l’avis concordant de deux médecins sur la situation. Les encadrants du quotidien peuvent par ailleurs donner leur avis. Au final, une commission d’évaluation rend sa décision. Elle ne juge jamais les médecins mais la situation objective.

Lutter contre le commerce de la mort

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Journal Le Figaro, le 29/05/2014

Comment jugez-vous l’euthanasie au Luxembourg par rapport aux pays voisins ?

Nous ne sommes pas loin des Pays-Bas, pionnier européen de l’euthanasie dès 2001. Mais il faut bien le dire, la situation dégénère quelque peu là-bas : un commerce de la mort s’installe parfois, tout comme en Belgique d’ailleurs, avec des listes officieuses de médecins qui acceptent de pratiquer l’euthanasie, et des dessous-de-table inacceptables. Au Luxembourg, nous en sommes encore aux prémices. D’où notre appel récurrent au Collège médical : acceptez de pratiquer l’euthanasie lorsqu’elle est demandée, sinon, tôt ou tard, nous aurons des médecins étrangers qui vont s’installer au Luxembourg en se positionnant sur ce qu’ils considèrent comme un business.

 

Un dernier mot sur l’association : outre votre action sur le terrain politique, vous accompagnez les particuliers ?

Oui, nous allons même franchir un cap, avec l’embauche éventuelle d’un psychologue pour accompagner les familles et les proches. À part ça, notre association repose entièrement sur le bénévolat. Notre travail d’information nous occupe par ailleurs beaucoup. Nous pouvons même nous déplacer dans les villages, dès qu’un auditoire d’une dizaine de personnes est constitué.

En france, l’ADMDL lutte pour la révision de la loi Française en terme d’euthanasie :


Une sélection d’article sur le sujet, via Pearltrees.